BFMTV

Hollande et Merkel veulent «plus d'Europe»

-

- - -

Angela Merkel participe ce mercredi soir à un dîner de travail à l'Elysée, avec François Hollande, à la veille du Sommet européen de Bruxelles. Paris et Berlin veulent «plus d'Europe», mais il reste des points de blocage.

C'est un tête-à-tête en forme de face-à-face qui a débuté ce soir entre François Hollande et Angela Merkel.
La chancelière allemande est arrivée mercredi à 19h15 dans la cour de l'Elysée, pour un dîner de travail avec le président de la République, à la veille du Sommet européen prévu jeudi et vendredi à Bruxelles. Un dîner précédé d'une déclaration commune. A l'heure de l'apéritif - et des photographes, Paris et Berlin ont voulu mettre l'accent sur leurs points de convergence: avec Angela Merkel, François Hollande veut «approfondir l'union économique, monétaire, et demain politique, pour arriver à une intégration et à une solidarité». L'approfondissement des institutions de l'Europe, avant son élargissement. «La situation est sérieuse, a renchéri la chancelière, nous avons l'obligation de construire l'Europe forte et stable de demain. (...) Nous avons fait des progrès significatifs sur le pacte sur la croissance, j'espère qu'il pourra être adopté demain [jeudi] (...) Il nous faut plus d'Europe, il nous faut une Europe qui fonctionne, les marchés l'attendent, il nous faut une Europe dont les membres s'entraident les uns les autres».

Accord sur les objectifs, pas sur les moyens

Mais le couple franco-allemand n'est pas du tout sur la même longueur d'ondes quant aux moyens de sortir de la crise de la dette. Les sourires de façade risquent fort de se crisper avant l'heure du dessert.
Avant même son arrivée à Paris, Angela Merkel a prévenu: pas question pour elle d'accepter une mutualisation de la dette à l'échelle européenne, comme le réclame la France. La chancelière reste sur une opposition intransigeante à la mise en place d'un système d'euro-obligations. «Les euro-obligations, les euro-bons et le fonds de remboursement ne sont pas seulement anticonstitutionnels en Allemagne, ils sont aussi économiquement erronés et contre-productifs», a-t-elle insisté. La priorité à ses yeux, reste d'adopter des mesures de contrôle budgétaire plus strictes pour les pays membres de la zone euro.

«Jamais de mon vivant»

Mardi, la chancelière a déclaré lors d'une réunion à huis clos avec des parlementaires qu'elle ne s'attendait pas à voir une mutualisation de la dette «de son vivant».
Elle n'a pas été aussi loin dans son discours mercredi mais elle a redit que les membres de la zone euro devaient au préalable renoncer à leur souveraineté nationale en matière budgétaire. «Il ne peut y avoir de responsabilité commune que s'il y a des instruments de contrôle. Je mettrai en avant le fait que ni le gouvernement fédéral allemand et les Länder [les Etats fédérés de l'Allemagne], ni les Etats-Unis ou le Canada ne mutualisent totalement les obligations qu'ils émettent», a fait valoir Angela Merkel. Première économie de la zone euro, l'Allemagne subit d'intenses pressions pour adopter des mesures de nature à mettre fin à l'interminable crise de la dette.

Petite ouverture pour une politique de croissance

En revanche, Angela Merkel ne se montrerait plus hostile à une autre revendication forte de François Hollande. Lors d'une intervention devant le Bundestag, la chancelière a entrouvert pour la première fois la porte à l'utilisation des recettes d'une éventuelle taxe sur les transactions financières pour soutenir la croissance et la compétitivité des pays européens en difficulté. Ce point fera partie des sujets abordés jeudi et vendredi au Conseil européen à Bruxelles; une dizaine d'Etats membres de la zone euro voudraient voir introduite cette mesure l'année prochaine. Enfin, Angela Merkel pourrait tendre la main à l'Espagne, en acceptant une utilisation plus souple des fonds de sauvetage européens pour permettre une recapitalisation directe des banques espagnoles. Ainsi, Madrid d'aurait pas à supporter un accroissement de sa dette publique.

dossier :

Angela Merkel

La Rédaction, avec Reuters