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Hollande en chef de clan à la Maison de l'Amérique latine

Les Coulisses de la Politique, de Jean-François Achilli, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC

Les Coulisses de la Politique, de Jean-François Achilli, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC - -

Ce que vous n’avez pas vu après la conférence de presse de François Hollande : le chef de l’Etat s’est rendu à la Maison de l’Amérique Latine à la rencontre des parlementaires socialistes.

Il est arrivé par le parc, en empruntant une porte dérobée, pour éviter les médias qui l’attendaient sur le boulevard Saint-Germain. Le président était notamment accompagné de son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Et il était en verve. Devant une centaine de députés et de sénateurs, François Hollande s’est livré à un historique de cette Maison de l’Amérique Latine, qu’il a bien connue du temps où il était jeune conseiller d’Etat. François Mitterrand lui avait alors demandé de sauver ce lieu à la dérive. Et il avait dû en privatiser une partie. « N’en tirez aucune conséquence sur la politique actuelle », a ironisé le chef de l’Etat. C’est ici, a-t-il rappelé, que Mitterrand a fêté sa victoire en 88, et Lionel Jospin son succès en 97. Voilà pour les symboles.

François Hollande était plus que le « président » devant ses troupes ?

Il était aussi le chef de clan. Il a certes évoqué son offensive sur l’Europe et contre le chômage, déclinée une heure plus tôt devant la presse, mais il a également parlé – et c’est nouveau –d’offensive contre… l’opposition. « On a peut-être sous-estimé l’acrimonie de la droite, et son procès en illégitimité. Il faut y répondre avec respect car le pays est inflammable », a prévenu le chef de l’Etat, avant de lâcher cette expression stupéfiante au sujet des anti-mariages pour tous et des extrêmes: « la droite a laissé échapper le diable de la valise… Maintenant qu’il est sont sortis, ils auront du mal à les faire rentrer ».

A-t-il fustigé les députés socialistes frondeurs ?

Pas du tout. Les jeunes élus étaient pour la plupart dans la salle et François Hollande a rendu hommage à tout le monde: « Soyez fiers de ce que vous faites. Que vous ayez des débats, pas de problème, la droite en a eu plus que vous en avez eu ». Et le président a conclu : « Je compte sur vous, comptez sur moi ».

Au final, « François a fait du Hollande », comme l’a résumé un député socialiste ?

Il a fait la synthèse, comme du temps où il dirigeait la rue de Solferino. Le changement, ce n’est pas maintenant. Le chef de l’Etat ne changera pas de gouvernement. Pas tout de suite. François Hollande a fait le choix du mouvement, en espérant que croissance et popularité finiront bien par revenir.

Ecoutez ici les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli de ce vendredi 17 mai.

Jean-François Achilli|||

Directeur de la Rédaction de RMC et éditorialiste RMC/BFMTV

Il intègre la rédaction de France Inter en 1998, puis le service politique en 2000, dont il prend la direction en septembre 2008. Il rejoint RMC en décembre 2012 comme directeur de la rédaction et éditorialiste RMC/BFMTV.

>> Suivez-le sur Twitter @jfachilli

Jean-François Achilli