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Grève à la SNCF: le gouvernement veut maintenir la pression

La ministre des Transports Elisabeth Borne, le 5 avril 2017, à Paris.

La ministre des Transports Elisabeth Borne, le 5 avril 2017, à Paris. - LUDOVIC MARIN / AFP

Alors que se profile un nouvel épisode de grève et que les discussions avec les syndicats se poursuivent, le gouvernement reste sur une ligne de fermeté dans le dossier de la SNCF.

Une grève dure se profile, et des négociations compliquées. L’épisode social à la SNCF entre dans une phase brûlante pour le gouvernement. Mais celui-ci ne laisse paraître aucun signe de faiblesse.

Les cheminots repartent en grève à partir de samedi soir et jusque lundi matin? De nouvelles discussions sont prévues vendredi avec les partenaires sociaux? "Ce qui m’intéresse, ce n’est pas tellement de commenter et de regarder l’opinion, (…) c’est plutôt le cap, et ce qui m’intéresse, c’est d’essayer de faire en sorte que nous trouvions une solution pour garantir un fonctionnement efficace, de qualité de la SNCF et de l’ensemble du monde ferroviaire dans les années qui viennent", indiquait Edouard Philippe jeudi sur France Inter.

"Plus utile pour défendre les cheminots de passer des journées à discuter que d'appeler à une grève"

"C'est plus utile pour défendre les cheminots de passer des journées à discuter que d'appeler à une grève qui est pénalisante pour les usagers", a martelé Elisabeth Borne vendredi. Invitée de franceinfo vendredi, la ministre des Transports a assuré que les discussions avec les syndicats sur la réforme de la SNCF sont "utiles" et a vanté ses avancées, déplorant que "la posture des syndicats ne change pas".

"Les discussions, oui ça prend du temps, mais on ne peut pas nous faire le procès d'un côté, de dire qu'on veut aller trop vite, et que quand on prend le temps de discuter dire que ça ne va pas assez rapidement. Il faut avoir un peu de cohérence", a expliqué de son côté Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, sur RTL.

Mais le gouvernement semble bien sur une ligne de négociation ferme. A l’image de sa position sur la dette de la SNCF. Si Edouard Philippe lui-même s’est dit "ouvert" à la reprise d’une partie de celle-ci, ce sera en échange de "contreparties". En clair, pas question de céder en premier sur ce point. Au point de tomber dans un dialogue de sourd avec les syndicats?

"On ne lâche pas au cours d’une multilatérale avec des syndicats qui ne pensent pas la même chose"

"La question de reprendre la dette n’est pas un préalable pour la réforme", a indiqué Gérald Darmanin vendredi matin sur Radio Classique.

Selon le ministre de l’Action et des Comptes publics, "la SNCF crée aujourd’hui entre deux et trois milliards de dettes (par an, ndlr), dans 10 ans vous inviterez le prochain ministre du budget qui constatera qu’il y a 30 milliards de dette. Donc ce n’est pas un préalable. La SNCF fait sa réforme, difficile, mais importante et courageuse, dans un aspect concurrentiel qui va demain faire naître du bien pour les usagers".

La deuxième séquence de grève, de samedi soir à lundi matin, constituera un test important pour le gouvernement, puisque rien ne semble pouvoir bouger autour de la table des négociations. "On ne lâche pas au cours d’une multilatérale avec des syndicats qui ne pensent pas la même chose, estime Laurent Neumann, éditorialiste à BFM. Autour de la table jeudi, vous aviez des syndicats comme la CGT et Sud Rails, qui ne veulent même pas entendre parler du cadre général de la réforme. Et des syndicats comme le CFDT et Unsa qui eux acceptent l’ouverture à la concurrence et veulent négocier ce qu’il y a à l’intérieur de la réforme. Le but du gouvernement désormais c’est de diviser, de dissocier, le front syndical. Une fois qu’on aura sorti un, voire deux syndicats de ce front syndical, à ce moment-là on pourra avancer plus sereinement".

Antoine Maes