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SNCF: les Français toujours opposés à la grève (mais de moins en moins)

La Gare de Lyon, le mardi 3 avril 2018.

La Gare de Lyon, le mardi 3 avril 2018. - Ludovic MARIN / AFP

Alors que la grève à la SNCF est de retour à partir de samedi soir, l’opinion des Français sur la mobilisation semble de moins en moins défavorable.

Galère, épisode deux. Les cheminots de la SNCF lancent à partir de samedi soir, et pour deux jours, la deuxième salve de leur mouvement de grève entamé mardi et mercredi derniers. Jeudi, syndicats et gouvernements avaient rendez-vous pour une première réunion. "Une véritable mascarade", selon Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots. "On ne peut pas sortir de sept heures de discussions sans que rien n’ait avancé. (…) C’est la vision qu’en a une organisation syndicale, pas l’ensemble des syndicats", lui a répondu Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, vendredi, sur RTL

Dans ce bras de fer, le soutien de l’opinion publique au mouvement des cheminots ou celui à la volonté de réforme du gouvernement, pèsera lourd. En l’état, les lignes semblent bouger en faveur des grévistes, mais lentement.

Selon un sondage Elabe du 4 avril pour BFM, 44% des sondés approuvent la mobilisation des cheminots, dont 20% la soutiennent. Des chiffres en progression de respectivement 6 et 3 points par rapport à une première enquête réalisée avant les premières journées de mobilisation. Dans le même temps, les opinions défavorables sont passées de 49% à 41%.

57% des Français estiment que la grève des cheminots n’est "pas justifiée"

La tendance est moins marquée selon un sondage Odoxa réalisé les 4 et 5 avril pour Franceinfo et Le Figaro, où 57% des Français estiment que la grève des cheminots en réponse au projet de réforme de la SNCF n’est "pas justifiée". A l’inverse, ils sont 42% à trouver le mouvement "justifié". Les chiffres sont quasi-inchangés par rapport à un premier sondage en date du 23 mars: 58% (contre 41%) des Français trouvaient la grève à la SNCF "justifiée".

Enfin, à la question "trouvez-vous ce mouvement tout à fait justifié, plutôt justifié, plutôt pas justifié ou pas du tout justifié?", le pourcentage de sondés par l’Ifop estimant le mouvement "justifié" est passé de 42% à 46% entre le 14 mars et le 4 avril. Chez les personnes estimant que ce mouvement "n’est pas justifié", le chiffre est passé sur la même période de 58% à 54%.

Invité de France Inter jeudi, Edouard Philippe a assuré que cette bataille de l’opinion n’était pas un sujet. "Je ne redoute pas ce genre de retournement, je sais que les perceptions des mouvements sociaux peuvent fluctuer, a indiqué le Premier ministre. (…) Moi ce qui m’intéresse, ce n’est pas tellement de commenter et de regarder l’opinion, (…) c’est plutôt le cap, et ce qui m’intéresse, c’est d’essayer de faire en sorte que nous trouvions une solution pour garantie un fonctionnement efficace, de qualité de la SNCF et de l’ensemble du monde ferroviaire dans les années qui viennent".

Lundi, "le moment le plus incandescent du conflit"

Les prochaines journées de mobilisation et son impact sur l’opinion seront tout de même un très gros test. "Dimanche va être un jour un peu bizarre, où peu de Français auront pris le risque de partir en train le samedi ne sachant pas s’ils pourront revenir le dimanche, indique Christophe Barbier, éditorialiste à BFM. En revanche lundi, plus personne n’aura d’excuse. On n’aura plus de rtt, on n’aura plus de week-end de Pâques, on va tous aller au boulot et beaucoup vont galérer. C’est là où on aura sans doute le moment le plus incandescent du conflit. Le gouvernement le souhaite. Il veut voir jusqu’où la colère des usagers va être dirigée contre les syndicats pour affaiblir leurs positions. C’est un jeu un peu dangereux".

Antoine Maes