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Valls a-t-il voulu identifier les sources d'un journaliste du Figaro?

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a démenti chercher à identifier la source d'un journaliste du "Figaro", le 5 février 2014.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a démenti chercher à identifier la source d'un journaliste du "Figaro", le 5 février 2014. - -

Manuel Valls aurait demandé à ses services d'identifier les informateurs d'un journaliste, croit savoir "l'Express". Une information "totalement infondée", selon le ministère de l'Intérieur.

Manuel Valls serait-il inquiet des publications du Figaro? Toujours est-il que le ministère de l'Intérieur aurait demandé à ses services d'identifier les sources d'un journaliste du quotidien, selon un article de lexpress.fr publié mercredi. Le ministère a catégoriquement démenti.

Selon L'Express, Manuel Valls s'inquiète depuis plusieurs mois de la publication par Le Figaro, très critique envers sa politique, de documents internes à la police ou au corps préfectoral.

Le ministre aurait demandé à ses services, notamment la police aux frontières, d'identifier les informateurs d'un des journalistes spécialisés du Figaro, alors même que le gouvernement va défendre un projet de loi qui protège mieux les sources des médias. D'après L'Express, le ministère "s'inquiète de la publication d'informations sensibles issues de documents internes à la police ou au corps préfectoral".

Des allégations "mensongères" pour Valls

Le ministère de l'Intérieur a jugé cette affirmation "totalement infondée" et a "rappelé avec force que ces allégations sont mensongères et qu'il est extrêmement attaché à la liberté de la presse ainsi qu'à la protection des sources". "Le temps des 'enquêtes' est révolu", a-t-il ajouté.

La Société des journalistes du Figaro, en citant le nom du journaliste concerné, Jean-Marc Leclerc, a de son côté averti dans un communiqué que "le secret des sources des journalistes est une règle intangible dans une démocratie digne de ce nom".

La société des journalistes du "Figaro" sur ses gardes

"La fameuse affaire dite des 'fadettes' prouve que la loi censée protéger ce secret ne protège en réalité rien du tout puisqu'aucune sanction n'est prévue pour les contrevenants", poursuit-elle.

La SDJ du Figaro conclut qu'elle "met en garde quiconque serait tenté d'espionner un journaliste pour savoir d'où il tient ses informations. Un tel comportement constitue, en effet, une atteinte délibérée à la liberté d'informer, et ne peut se justifier d'aucune façon".

Yves Thréard, éditorialiste au quotidien, interpelle le ministre dans une vidéo: "Rassurez-nous, est-ce que vous avez placé des journalistes du Figaro sous étroite surveillance? Répondez-moi".

A. D. avec AFP