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Stéphane Le Foll n'est pas favorable au vote obligatoire

Stéphane Le Foll sur le plateau de BFMTV-RMC, le 12 mars 2015.

Stéphane Le Foll sur le plateau de BFMTV-RMC, le 12 mars 2015. - BFMTV

Porte-parole du gouvernement et ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll était l'invité de Jean-Jacques Bourdin, jeudi matin, sur BFMTV-RMC. Réagissant à la proposition de François de Rugy de rendre le vote obligatoire, Stéphane Le Foll a estimé que, "personnellement", il n'y était pas favorable.

A dix jours des élections départementales, l'heure est à la mobilisation. Et le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, y va de son soutien sur le terrain. "Je soutiens les candidats qui le souhaitent, qui le demandent, je vais sur le terrain, et je constate un accueil plutôt agréable, pas du tout rejetant", s'est-il réjoui, en se gardant toutefois de tout triomphalisme. "Ca ne sera pas facile".

Outre la montée du Front national, donné en tête par les sondages pour le scrutin des départementales, le spectre de l'abstention fait également craindre un revers à gauche. Faut-il alors, comme le propose François de Rugy (EELV), rendre obligatoire le vote sous peine d'amende? Stéphane Le Foll a déclaré ne pas être fan de l'idée. "Rendre le vote obligatoire lorsque l'on n'est pas capable nous, et je pense en particulier aux Verts, de s'unir et de rendre obligatoire l'idée toute simple, quand il y a une menace, et celle du Front national existe, de commencer par se rassembler...", a-t-il ironisé, en allusion aux divisions qui agitent la gauche et notamment les écologistes, au bord de la scission.

"La gauche est dans cette cacophonie"

Car après le recours au 49-3 pour faire adopter la loi Macron à l'Assemblée, la majorité semble extrêmement fragile, chahutée à sa gauche par le Front de gauche et EELV et jusque dans son propre camps par les députés PS "frondeurs", qui avaient justement refusé de voter la loi Macron et mis la majorité en minorité. "La gauche est dans cette forme de cacophonie: il y a ceux qui considèrent que la bataille est de savoir si on est plus à gauche que le gouvernement, alors que la bataille est de savoir si les valeurs de la gauche et de la République est défendues aujourd'hui, et par qui", a déploré Stéphane Le Foll."Voilà le résultat des divisions de la gauche et de l'irresponsabilité de certains",a-t-il fustigé, citant Jean-Luc Mélenchon et Cécile Duflot. "Une gauche rassemblée défendrait ses valeurs. Une gauche divisée, c'est le risque d'un deuxième tour entre le Front National et l'UMP", a-t-il insisté.

Quant aux frondeurs, Stéphane Le Foll veut croire que l'invitation de François Hollande, mercredi soir, a clos le chapitre. "Des frondeurs souhaitaient avoir une discussion, pour écouter et être écoutés. C'est ce qui a été fait. Je n'étais pas là mais j'imagine que lors de cet apéro (mercredi soir), chacun a dit ce qu'il avait à dire", a-t-il souligné, rappelant que François Hollande avait été très clair sur le cap qu'il avait fixé et qu'il ne souhaitait pas en changer. D'autant que "la reprise est là", a assuré le porte-parole du gouvernement. "La reprise est là. Les indicateurs sont positifs. Il faut garder la dynamique qui est en train d'émerger. L'éclaircie est là", s'est félicité Stéphane Le Foll.

Sandrine Cochard