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L'invitation de Hollande aux frondeurs passe mal au PS

François Hollande à l'Elysée

François Hollande à l'Elysée - AFP

Lors d'un déjeuner avec une vingtaine de responsables du groupe PS de l'Assemblée, le président de la République a expliqué qu'il allait recevoir les frondeurs ce mercredi, "à leur demande". Objectif: afficher l'unité avant les départementales, quitte à brusquer Manuel Valls et les députés qui votent les lois du gouvernement.

François Hollande va recevoir certains "frondeurs" à l'Elysée mercredi. Problème, ce rendez-vous du chef de l'Etat avec les mécontents suscite des grincements de dents au sein du groupe PS à l'Assemblée qui vote lui les lois proposées par le gouvernement."Tu veux être reçu par François Hollande?, s'agace le député Christophe Caresche dans les colonnes du Parisien. C'est simple, ne vote pas ses lois! Je suis effondré".

D'autant plus qu'un temps, des sanctions avaient été évoquées contre les "mauvais votants". Il aurait pu ajouter aussi que les "frondeurs", au premier rang desquels Christian Paul, Laurent Baumel ou Jean-Marc Germain, se sont faits une spécialité de rappeler au chef de l'Etat ses promesses de campagne. 

"Une explication franche" au menu

Mardi lors d'un déjeuner avec une vingtaine de responsables du groupe PS de l'Assemblée (le président du groupe Bruno Le Roux, plusieurs présidents de commission, les porte-parole des députés, le président de la République a expliqué qu'il "les recevait à leur demande mais avec l'idée de dire qu'il faut maintenir le cap". "Nous avons cru comprendre qu'il y aurait une explication franche", glisse l'un des participants. Ce sera "un simple apéro au cours duquel François Hollande va passer une tête", confie l'Elysée au Parisien.

Du côté des "frondeurs", on estime "important de recoller les morceaux". Mais avec Manuel Valls, pris régulièrement pour cible et très remonté depuis qu'il a été contraint à l'usage du 49.3 sur la loi Macron, la tension ne devrait pas retomber puisque Matignon aurait très mal pris cette initiative de François Hollande. 

"Autorité et compréhension"

Et à l'approche des élections départementales, Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, a déploré une division "incompréhensible" de la gauche, un "suicide politique en direct" avant le scrutin.

Par conséquent selon le journaliste politique François Bazin, le président de la République estime "qu’un bon dialogue vaut mieux qu’un mauvais procès, au pis, un divorce forcé. (...) Comme toujours, le président craint comme la peste la fragmentation". Notamment en vue de 2017 puisque François Hollande est confronté à "la difficulté de montrer en même temps de l’autorité et de la compréhension".

Samuel Auffray