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Schiappa juge les propos anti-IVG du président du syndicat des gynécos "extrêmement choquants"

La secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes a réagi ce jeudi sur BFMTV et RMC aux propos du président du Syndicat national des gynécologues, qui a assimilé l'IVG à un "homicide".

Marlène Schiappa a réagi ce jeudi matin sur le plateau de Bourdin Direct aux propos tenus par le président du Syndicat national des gynécologues (Syngof) Bertrand de Rochambeau. Dans un reportage diffusé mardi sur TMC, celui-ci affirmait que l'interruption volontaire de grossesse (IVG) était un "homicide" et qu'il n'était "pas là pour retirer des vies". 

Après les avoir "fermement" condamné dans un communiqué commun avec la ministre de la Santé, la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes a une nouvelle fois pris position contre les propos du gynécologue. 

"Ce qui est extrêmement choquant dans les propos de ce monsieur, c'est le fait qu'il compare l'IVG à un homicide. D'un point de vue légal, un embryon, ça n'est pas une vie humaine. On peut être pour, on peut être contre, mais c'est la loi", a-t-elle martelé sur notre antenne. 

Mercredi, interrogé par BFMTV, Bertrand de Rochambeau a une nouvelle fois décrit l'IVG comme un acte où "il faut arrêter une vie". "L'IVG n'est pas un acte comme les autres. C'est un acte où il faut faire un choix qui peut être dur pour le médecin", a-t-il avancé.

"Dire qu'un IVG est un homicide est faux sur le plan légal, très dangereux sur le plan des valeurs"

"Dire qu'un IVG est un homicide, c'est faux sur le plan légal et c'est très dangereux sur le plan des valeurs", a rappelé ce jeudi la secrétaire d'Etat, "parce que ça veut dire que ce monsieur veut remettre en cause l'IVG".

"Si on considère que l'IVG est un homicide, les femmes qui avortent sont-elles des tueuses, les médecins qui pratiquent des IVG, ce sont des assassins?", a-t-elle interrogé. 

Marlène Schiappa a souligné que "le droit à l'IVG (était) menacé dans de nombreux pays, en Europe" et "aux Etats-Unis par les politiques menées par Donald Trump". "Il est aussi menacé en France, pas légalement mais par des mouvements qui veulent l'entraver. Entraver l'accès à l'IVG est un délit", a-t-elle rappelé. 

Mercredi, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a quant à elle décrit les propos de Bertrand de Rochambeau comme "inappropriés à l'heure actuelle où l'on voit que ce droit fondamental est remis en cause dans beaucoup de pays". "Il ne le sera pas en France", a-t-elle conclu. 

"Pas question de supprimer la clause de conscience"

Néanmoins, la secrétaire d'Etat a assuré qu'il n'était "pas question de supprimer la clause de conscience". "Personnellement, je préfère qu'un médecin qui est opposé à l'IVG ne le pratique pas, je pense qu'il y a suffisamment d'actes pratiqués parfois dans de mauvaises conditions", a-t-elle jugé.

"C'est parfois suffisamment compliqué pour une femme d'aller pratique une IVG, je pense que dans ces conditions, il vaut mieux trouver en face de soi un médecin qui est en phase, qui ne va pas vous culpabiliser et qui ne le fait pas à contre-coeur", a-t-elle estimé. 

Liv Audigane