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Réforme des allocations familiales: le gouvernement avance en terrain miné

Quelle que soit la solution choisie par le gouvernement pour réformer les allocations familiales, les critiques fusent à droite comme à gauche.

Quelle que soit la solution choisie par le gouvernement pour réformer les allocations familiales, les critiques fusent à droite comme à gauche. - -

Baisse des allocations pour les plus riches ou réforme du quotient familial, la majorité promet une réforme dans la justice, mais l'opposition dénonce une énième insupportable hausse d'impôts.

Plafonner les allocations familiales ou modifier le quotient familial, tels sont les deux leviers imaginés au gouvernement pour réformer les allocations familiales. Mais à peine évoqué, ce projet de réforme entraîne déjà à droite et chez une partie de la gauche, une levée de boucliers.

Critiques à droite

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, estime que plafonner les allocations familiales ou modifier le quotient familial "constituerait une entaille incroyable au caractère universel de la politique familiale" et "une nouvelle augmentation d'impôt".

Un discours repris par Valérie Pécresse: "On va encore augmenter les impôts et dans la situation d'overdose fiscale dans laquelle on est, c'est juste pas raisonnable".

Mais aussi à gauche

Jean-Luc Mélenchon met en garde contre le remise en cause de l'universalité des allocations familiales. "Si on change le principe, vous finirez par avoir quelqu'un dire, 'je ne vois pas pourquoi moi je paye en échange de rien'", justifie le leader du Front de gauche.

Au Parti socialiste y compris, Ségolène Royal appelle à la prudence: "Il y a un modèle français de la politique familiale: nous sommes le seul pays en Europe avec un nombre de naissances aussi élevé et en même temps le taux d'activité des femmes le plus élevé", a-t-elle souligné dimanche, dans l'émission "C'politique" sur France 5. "C'est quelque chose de très précieux" et on ne peut y toucher qu'"avec beaucoup de prudence", a-t-elle ajouté.

Quel que soit le dispositif choisi, les débats s’annoncent houleux à l’Assemblée nationale. Justement, le chef du gouvernement, entouré notamment de Marisol Touraine (Affaires sociales) et Dominique Bertinotti (Famille), reçoit lundi en fin de matinée les membres du Haut conseil à la famille. Il doit annoncer la solution retenue pour rétablir les comptes de la branche famille de la Sécu d'ici à 2016, comme il s'y est engagé.

David Namias et Jérémy Brossard (vidéo)