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Pour son baptême du feu en tant que porte-parole, Sibeth Ndiaye dit aborder son rôle "avec humilité"

Lors de son premier point presse en temps que porte-parole du gouvernement, l'ex-conseillère d'Emmanuel Macron a également répondu aux polémiques concernant sa disposition à "mentir" pour protéger le chef de l'État.

Rarement un changement de porte-parole du gouvernement aura tant suscité la curiosité des observateurs. Ce lundi, à l'issue d'un Conseil des ministres comptant trois nouveaux participants, l'ex-conseillère presse d'Emmanuel Macron, Sibeth Ndiaye, a effectué son premier compte-rendu de cette auguste instance hebdomadaire. 

Il a fallu attendre la fin du point presse pour que la promue donne son sentiment global sur sa nouvelle mission, qui lui a été confiée dans une période marquée par "l'atterrissage" du grand débat national et la préparation de l'échéance des européennes. 

"J'aborde les choses avec beaucoup d'humilité parce que je ne prétends pas tout savoir. Mon sentiment profond est qu'au cours de ce grand débat, nos concitoyens nous ont demandé de la considération et nous ont demandé de l'écoute", estime Sibeth Ndiaye.

Être à l'écoute et "entendre" les Français

Interrogée sur la manière dont elle envisageait le dialogue entre le gouvernement et les citoyens, la proche du chef de l'État a tenté d'arborer une attitude compréhensive.

"Il est du devoir des gens qui sont aujourd'hui responsables politiques de montrer aux Français [...] qu'ils sont capables non seulement de les écouter, mais aussi capables de les entendre. Peut-être dans cette première partie du quinquennat avons-nous pu donner le sentiment que nous n'étions pas forcément dans cette écoute là, alors que bien au contraire, c'était notre volonté. Il s'agit aujourd'hui d'en apporter encore plus fortement [...] la démonstration, et c'est ce à quoi j'espère participer", a-t-elle conclu.

"J'ai un certain franc-parler"

Quelques minutes auparavant, à l'issue de son propos liminaire, Sibeth Ndiaye avait été immédiatement interrogée sur ses rapports avec les journalistes. Dès les premiers mois du quinquennat, ceux-ci ont été régulièrement teintés d'une certaine méfiance, l'intéressée ayant déclaré à L'Express, peu après l'élection d'Emmanuel Macron, qu'elle assumait "parfaitement de mentir pour protéger le président". 

Il s'agirait selon la porte-parole du gouvernement de "paroles qui ont été sorties de leur contexte, des paroles qui ont été tronquées". "Je crois qu'un certain nombre d'entre vous étaient d'ailleurs présents au moment où je les ai prononcées", a-t-elle ensuite grincé. "Elles visaient à protéger la vie privée du président de la République", a affirmé Sibeth Ndiaye, excipant du fait qu'il s'agissait de sa fonction "à l'époque".

"Aujourd'hui, en tant que ministre, j'ai une nouvelle responsabilité, [...] pour ceux qui me connaissent, vous savez que j'ai toujours un certain franc-parler", a-t-elle poursuivi, ajoutant qu'elle s'engageait à relater et "rendre plus intelligible, plus claire" l'action gouvernementale.

"J'espère que vous me jugerez sur les propos que je tiens et non pas sur ceux que l'on me prête", a enfin résumé Sibeth Ndiaye.

Jules Pecnard