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Peillon sur la politique du gouvernement : "il faut plus de clarté"

Vincent Peillon sur BFMTV/RMC, jeudi 7 novembre 2013

Vincent Peillon sur BFMTV/RMC, jeudi 7 novembre 2013 - -

Vincent Peillon, reçu jeudi matin sur BFMTV/RMC, a regretté le manque de clarté de la politique du gouvernement. Et souligné que "l'aspiration majeure qui est la nôtre, c'est la préparation de l'avenir".

"On a besoin de politique au sens noble, d'un projet pour le pays, de valeurs partagées", a lancé le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV/RMC, jeudi matin.

Les difficultés du pays, sur la Bretagne ou sur l'école, relève le ministre proviennent de ce que l'on n'a pas "été capable de préparer la rentrée dans le XXIe siècle". "Il faut plus de clarté, une meilleure préparation de l'avenir".

"Il y a une faute dans les années passées", a souligné Vincent Peillon, évoquant "l'accumulation de la dette, la privation d'avenir par des moyens qui n'ont pas été donnés à la jeunesse, un modèle français, on le voit en Bretagne, qui n'a pas évolué comme il le devait".

"Tout le problème français, c'est ce pessimisme"

"La dette est en train de diminuer, a par ailleurs assuré Vincent Peillon, les investissements d'avenir, à commencer par l'école, sont en train de se faire", poursuivant, "pourquoi diminuer la dette? La dette c'est ce qui empêche que l'avenir puisse se dégager. Tout le problème français, c'est ce pessimisme français qui est terrible".

Le ministre a regretté au passage: "depuis 5 mois, le chômage des jeunes baisse, mais comme ce sont les vieux qui commentent, ça ne les intéresse pas beaucoup."

Interrogé sur son éventuel départ de l'Education nationale pour devenir député européen, Vincent Peillon a assuré qu'il n'avait pas l'intention de quitter le gouvernement. "Je suis aujourd'hui quelqu'un qui a un mandat européen. En réalité, je vais simplement aller porter le combat politique, comme on le fait lorsqu'on est parlementaire". Restera-t-il ministre de l'Education nationale? "Bien sûr. La tâche dans laquelle nous sommes engagés est une tâche de long terme".

Sur la réforme des rythmes scolaires, le ministre de l'Education nationale a affirmé que toutes les écoles devraient les adopter à la rentrée 2014. "Je donnerai le vrai bilan de cette réforme" trois mois après sa mise en place "quand les remontées seront globalement arrivées et on verra que ce n'est pas ce qu'on entend, c'est globalement très positif", a-t-il assuré, reconnaissant "des difficultés" sur la maternelle: la sieste, le rapport avec les parents, la transition entre les activités, distinguer ce qui est scolaire et périscolaire.

"Il y a une libération de la parole raciste"

"Je me réjouis aujourd'hui, qu'enfin l'indignation s'exprime", a souligné Vincent Peillon, évoquant les propos racistes à l'encontre de Christiane Taubira. "Il y a à l'oeuvre dans notre pays des forces qui sont mauvaises, des forces d'abaissement, des forces de haine et une banalisation du racisme, qui est considérable". "Elle a commencé, rappelle le ministre dans le débat identité nationale et immigration avec un ministère et des débats en préfecture. On n'avait vu ça que sous Pétain. Il y a une libération de la parole raciste".

"Il faut sortir de ce sommeil et il faut dire "ça c'est inacceptable". "Sans doute nous n'avons pas été assez clairs, assez fermes".

Christiane Taubira a été ovationnée mercredi à l'Assemblée. Seuls les députés UMP ne se sont pas levés. "C'est désolant, estime Vincent Peillon. Ce combat-là, c'est le combat de tous les républicains." Aujourd'hui, pour le ministre, "l'UMP est perdue. Elle scie la branche sur laquelle est assise, par défaut de clarté. On le voit sur l'écotaxe, on ne sait plus quelle est leur position. Elle fait la campagne du front national en permanence".

Magali Rangin