BFMTV

Notre-Dame-des-Landes: Royal appelle à "arrêter les frais"

Mme Royal affirme ne pas avoir pu s'opposer à Manuel Valls : "Il est Premier ministre, il a décidé le contraire de ce que dit sa ministre de l'Environnement, donc voilà."

Mme Royal affirme ne pas avoir pu s'opposer à Manuel Valls : "Il est Premier ministre, il a décidé le contraire de ce que dit sa ministre de l'Environnement, donc voilà." - Georges Gobet - AFP

Dans une interview au Journal du dimanche, la ministre de l'Environnement estime que l'abandon du projet d'aéroport permettrait d'évacuer pacifiquement le site occupé par ses opposants. Une étape de plus franchie par la ministre, contre l'avis de Manuel Valls.

Ségolène Royal s'attaque encore une fois à Notre-Dame-des-Landes. Dans le Journal du dimanche, la ministre de l'Environnement appelle à l'abandon du projet d'actuel aéroport, quelques jours après l'annonce de Manuel Valls d'une évacuation de la ZAD "dès l'automne" malgré "des craintes de violences".

"Est-il pertinent de faire prendre des risques pour une infrastructure inadaptée, comme l'ont dit les experts indépendants? N'y a-t-il pas actuellement d'autres priorités pour la nation"?, interroge la ministre, également en charge des Transports.

"Je comprends l'exaspération devant l'occupation illégale du terrain, mais ma conception de l'Etat est qu'il doit être médiateur et aider chaque partie à sortir des postures", poursuit Ségolène Royal.

"Les élus locaux ne veulent pas perdre la face, c'est compréhensible. Mais le résultat du référendum, positif pour eux, leur permet justement de prendre acte de cette caution tout en reconnaissant que devant le blocage sur le terrain, il vaut mieux arrêter les frais. L'évacuation se ferait alors pacifiquement", déclare-t-elle.

Royal craint des pertes humaines dans les affrontements

Ségolène Royal, opposée de longue date à une expulsion des zadistes, franchit une étape supplémentaire dans son opposition à Manuel Valls sur le sujet. De son côté, François Hollande a affirmé, selon les extraits du livre Un président ne devrait pas dire ça, que l'aéroport "ne verra(it) pas le jour". Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a toutefois ajouté que ces propos n'étaient plus d'actualité, le référendum (de juin) approuvant sa construction étant intervenu entre-temps.

Pour Ségolène Royal, les conséquences d'un affrontement entre zadistes et forces de l'ordre pourraient avoir des conséquences dramatiques. "Imaginons qu'il y ait mort d'homme, parmi les forces de l'ordre ou du côté des manifestants. Ce serait gravissime!", prévient-elle. En octobre 2014, Rémi Fraisse, un jeune écologiste, avait trouvé la mort lors d'un affrontement avec des gendarmes sur le chantier du barrage de Sivens, dans le Tarn. 

La cour administrative d'appel de Nantes examinera le 7 novembre les recours déposés par les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, contre les arrêtés préfectoraux autorisant les travaux, a-t-on appris samedi de source judiciaire. 

Ariane Kujawski avec AFP