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Manuel Valls: "La loi Travail devra être adoptée avant l'été"

Le Premier ministre Manuel Valls était ce mardi matin l'invité exceptionnel de Jean-Jacques Bourdin en direct sur BFMTV et sur RMC.

Invité mardi matin sur BFMTV et RMC, Manuel Valls est d'abord revenu sur l'attentat perpétré en Côte d'Ivoire, dans lequel quatre Français ont été tués: "Le terrorisme d'Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique, Ndlr) s'attaque d'abord aux démocraties, c'est un défi à nos valeurs, c'est un défi à l'Afrique, ce continent ami qui est le grand continent d'avenir. Nous devons être pleinement investis pour aider les Africains qui font face à ces attaques terroristes, cette Afrique qui vit un islam apaisé, et que les terroristes veulent en permanence attaquer. L'Afrique a besoin de notre soutien et de notre solidarité".

Alors que le Sénat engage les discussions sur la révision constitutionnelle, des sénateurs socialistes réclament la suppression de la déchéance de nationalité, qui soulève toujours un vif débat au Parlement. "La menace terroriste n'a jamais été aussi présente, partout dans le monde et bien sûr en France", réplique Manuel Valls. "Nous devons en permanence nous rappeler ce qu'il s'est passé. Les 130 morts français, le 13 novembre, les centaines de blessés. L'actualité balayant tous les sujets, on oublie la menace. Face à cette menace, il faut donner tous les moyens, et il faut aussi nous mobiliser autour de symboles, d'actes forts. Il faut qu'on se mette d'accord sur cette idée de déchéance de nationalité qui veut dire que les terroristes français qui déchirent le pacte national" perdent la nationalité française.

"Les Français ne comprendraient pas pourquoi députés et sénateurs ne sont pas capables de se mettre d'accord sur cette idée relativement simple", tonne Manuel Valls. "Celui qui s'attaque à ses propres compatriotes, qui s'enrôle dans une armée étrangères, qui commet des attentats effrayants, qui s'attaque à nos libertés, à notre jeunesse, oui, il y a cette déchéance de nationalité encadrée par le droit".

"La loi Travail devra être adoptée avant l'été"

La loi Travail est la dernière pomme de discorde en date. "Quand on sent qu'il y a un blocage, on avance", plaide Manuel Valls. "J'ai voulu nous donner quelques jours supplémentaires pour pouvoir convaincre, écouter et bâtir un compromis. Quel était le risque? S'il y avait blocage, il n'y avait pas de loi. Il fallait redonner le sens et les objectifs de cette loi: le dialogue social d'abord dans l'entreprise".

Le projet de loi El Khomri "sera examiné par l'Assemblée nationale, dans l'hémicycle, début mai. Le texte devra être adopté définitivement avant l'été", prévient le Premier ministre. Avec le 49-3? "Je préfère éviter l'engagement de la responsabilité (du gouvernement, Ndlr). Nous l'avons utilisé une seule fois sur la loi Macron". En matière de définition du licenciement économique, "c'est plus efficace pour les entreprises, pour leur compétitivité, d'avoir des règles qui sont claires (mais), il ne s'agit pas d'ôter des droits aux salariés". Le Premier ministre veut répondre aux inquiétudes et promet "une clause qui permette de lutter contre tous les abus en matière de licenciement", veut rassurer Manuel Valls, qui parle d'un "garde-fou".

"Plus de 90% des premières embauches se font par CDD et intérim. Ce texte doit permettre de faire en sorte que la règle en matière d'embauche soit le CDI", veut croire le Premier ministre. La loi permettra-t-elle de faire baisser le chômage? "Si vous levez les freins à l'embauche pour les entreprises, oui, j'espère qu'il y aura davantage d'embauches".

Protéger les frontières européennes face aux migrants

Face à la crise des migrants, "la politique de la France, ce n'est pas un accueil illimité", tranche Manuel Valls, dans une allusion à l'Allemagne et sa promesse d'ouvrir sa porte à un million de réfugiés. "Nous nous sommes engagés sur le fait que nous pouvions accueillir 30.000 réfugiés sur deux ans. Il y a des millions de réfugiés qui affluent vers la Grèce. L'Allemagne elle-même est en train de dire qu'elle ne pourra pas accueillir tous les réfugiés. Nous continuerons à accueillir les demandeurs d'asile, ça c'est un droit. Mais il le faut avec des règles, en protégeant d'abord les frontières européennes".

Manuel Valls soutient-il la candidature de François Hollande à la présidentielle 2017? "Bien évidemment! François Hollande est le candidat légitime. Mais celui qui prend la décision, c'est d'abord le président de la République. Et aujourd'hui, c'est bien trop tôt pour qu'il prenne ce type de décision".