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Manuel Valls juge "dangereuse" l'idée de centres de rétention pour les fichés S

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Refusant de pointer une faille de ses services après l'assassinat de deux policiers à Magnanville, le Premier ministre l'a annoncé: d'autres personnes perdront la vie à cause du terrorisme.

Au micro de France Inter, le Premier ministre s'est montré pessimiste quant à l'avenir de la lutte contre le terrorisme en France. Alors que l'assassin de deux policiers à Magnanville était surveillé pour ses liens avec la mouvance jihadiste, Manuel Valls a refusé de pointer du doigt une quelconque faille de ses services.

"Je ne laisserai pas dire qu’il y a eu la moindre négligence, ni le moindre manque de discernement. Il y a toujours un échec quand deux fonctionnaires sont assassinés dans ces conditions" a estimé le chef du gouvernement.

D'autres morts à cause du terrorisme

"Nous faisons face à une menace globale" a expliqué Manuel Valls. Selon le pensionnaire de Matignon, la France fait face à "un ennemi intérieur avec ces individus auto-radicalisés et qui peuvent agir avec très peu de moyens".

Et le Premier ministre de se livrer à une prophétie pessimiste:

"Cette guerre va être l’affaire d’une génération. D’autres innocents perdront leur vie. On peut m’accuser de rendre la société encore plus anxiogène. Mais c’est une réalité."

Mais pour Manuel Valls, pas question pour autant de répondre aux sirènes de l'enfermement à tout va. Questionné sur les propositions de la droite de procéder à l'internement préventif des personnes fichées S pour leurs liens avec les mouvances jihadistes, le Premier ministre a refusé mélanger "mesures de surveillance et mesures d'enfermement".

"Nous avons tiré les enseignements de cette menace terroriste mais il ne faut pas inventer une mesure à chaque fois" selon Manuel Valls qui a par ailleurs rappelé que de telles mesures seraient probablement anticonstitutionnelles.