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Macron dément "très fermement" les rumeurs de frictions avec Philippe

Durant le Conseil des ministres de ce mardi, le chef de l'État a cherché à mettre un terme aux rumeurs de discorde entre lui et son Premier ministre, qui défrayent la chronique depuis plusieurs jours.

Désavoué, pas désavoué? Depuis une semaine, les rumeurs de frictions entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe se multiplient. À en croire les divers échos relayés par les médias, la question du déconfinement les opposerait singulièrement. En Conseil des ministres ce mardi, le chef de l'État a tenté d'interrompre ce bruit de fond.

Selon plusieurs participants interrogés par BFMTV, il a démenti - donc face à son équipe gouvernementale - "très fermement" ces rumeurs, annonciatrices d'un potentiel remaniement lorsque la crise sanitaire aura reflué.

"L’ensemble de l’exécutif est pleinement aligné dans cette crise. Je n’aurai aucune complaisance à l’égard de ceux qui par des bruits et des rumeurs tentent de diviser le gouvernement et singulièrement le Premier Ministre et le Président de la République", a déclaré Emmanuel Macron.

"Vicissitudes"

Le chef de l'État a par ailleurs "dénoncé les vicissitudes" de ces derniers jours. En d'autres termes, les tergiversations qui se succèdent au sein de l'exécutif depuis son allocution télévisée du 13 avril. Spécifiquement s'agissant du déconfinement progressif, dont les modalités représentent un chantier hautement sensible et complexe, avec des ramifications dans tous les secteurs.

Dernier heurt en date: les conditions de l'organisation du vote symbolique à l'Assemblée nationale à l'issue de la présentation, par Édouard Philippe, des contours du plan de déconfinement. Lequel doit servir de base à un projet de loi détaillé qui, lui, doit être réellement avalisé (ou pas) par le Parlement avant le 11 mai.

Quoi qu'il en soit, le parfum de divorce entre l'Elysée et Matignon, et les correctifs qui l'accompagnent, est un air consubstantiel à la Ve République. En dépit du changement de méthode dont Emmanuel Macron s'est voulu le héraut, le rite est immuable. Beaucoup va se jouer dans les deux prochaines semaines, en particulier ce mardi au Palais-Bourbon.

Reste à savoir si Édouard Philippe endossera ensuite le rôle de fusible de la crise du coronavirus, laissant le soin à d'autres de mettre en musique la France "d'après".

Jules Pecnard avec Camille Langlade, Mathieu Coache et Thomas Soulié