BFMTV

Loi travail: "des améliorations possibles" mais "pas de retrait", martèle Valls

Invité de BFMTV et RMC ce jeudi matin, le Premier ministre a redit sa "détermination" sur le maintien de la loi Travail, tout en évoquant de possibles "modifications" ou "améliorations" du projet de loi.

Il reste inflexible, malgré le durcissement de la contestation. Invité sur BFMTV et RMC ce jeudi, le Premier ministre Manuel Valls a redit sa "détermination". "Je ne suis pas dans un mano a mano avec Philippe Martinez", le numéro 1 de la CGT, a insisté le Premier ministre, alors qu'une huitième journée de mobilisation contre la loi Travail a lieu ce jeudi. "Cette loi est bonne pour les salariés, car elle leur donne plus de droits. Elle est également bonne les entrepreneurs, les syndicats et les jeunes. Ce texte me parait utile pour le pays. Je suis serein et déterminé", a-t-il ajouté.

"Il peut toujours y avoir des modifications, des améliorations"

"Quelles sont les alternatives?", a interrogé Manuel Valls. "Le retrait du texte? Ce n'est pas possible", a-t-il indiqué, affirmant qu'il n'avait pas songé à démissionner.

"Il est hors de question de changer le cadre. Il peut toujours y avoir des modifications, des améliorations", a-t-il toutefois tempéré, estimant que "ce pays se meurt parfois de ses conservatismes, de son impossibilité à réformer". "Il ne s'agit pas d'un entêtement, ce texte est bon pour les salariés, l'entreprise et les syndicats", a martelé le chef du gouvernement. 

"Mon rôle, c'est d'avancer"

"Il y a eu 600 amendements qui ont enrichi le texte, des modifications, mais ce qui est de l'ordre de l'équilibre, c'est à-dire la négociation dans l'entreprise, et le compte personnel d'activité, qui permet au salarié d'avoir plus de droit, ce sont des éléments importants", a poursuivi Manuel Valls, indiquant que l'accord d'entreprise primera bien sur l'accord de branche, comme le stipule le très contesté article 2 de la loi.

"C'est un changement. Je vois bien les conservatismes, à gauche comme à droite, mais mon rôle, c'est d'avancer", a-t-il commenté. "Pour certains, le dialogue social, c'est la confrontation. Et moi je n'accepte ni la confrontation, ni la violence". 

"On ne peut pas organiser un référendum sur un texte de ce type", a par ailleurs indiqué le Premier ministre, interrogé sur l'éventualité d'une telle solution.

Face aux blocages, "toutes les solutions sont envisagées"

Interrogé sur les mesures que le gouvernement envisage de prendre face aux blocages des raffineries, qui paralysent les stations-essence, Manuel Valls n'a pas écarté l'hypothèse d'une réquisition d'employés.

"Nous allons continuer à débloquer tous ces sites qui ont été bloqués, toutes les solutions sont envisagées, toutes les possibilités sont sur la table", a-t-il précisé, indiquant qu'"il y a, dans le pays, un besoin d'ordre, d'ordre républicain". "Ma responsabilité, en tant que responsable du gouvernement, c'est que l'ordre soit respecté et que l'on débloque tous ces sites", a-t-il ajouté.

La journée de mobilisation à l'appel de l'intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU-Unef-Fidl-UNL qui se tient ce jeudi est la huitième organisée depuis mars. Une neuvième est déjà programmée le 14 juin, avec un rassemblement unique à Paris.

Adrienne Sigel