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La secrétaire d’Etat à l'égalité hommes-femmes veut des amendes pour punir le sexisme

Marlène Schiappa, le 24 mai 2017.

Marlène Schiappa, le 24 mai 2017. - Stéphane de Sakutin - AFP

La nouvelle secrétaire d'Etat à l'égalité hommes-femmes Marlène Schiappa veut que le sexisme puisse être puni, comme les autres crimes et délits.

Une verbalisation, à l'instar des autres crimes et délits. C'est la solution prônée par la nouvelle secrétaire d'Etat à l'égalité hommes-femmes, Marlène Schiappa, pour lutter contre le sexisme, et notamment contre le harcèlement de rue. Cette membre du gouvernement d'Edouard Philippe a en effet fait du combat contre le harcèlement de rue l'une de ses priorités, alors que des habitants du du quartier Chapelle-Pajol, dans les Xe et XVIIIe arrondissements de Paris, se plaignent d'être les cibles permanentes des remarques des hommes, dans la rue.

Le harcèlement de rue, une "question culturelle"

"Je lutte depuis des années pour la libération de la parole des femmes sur cette question et pour la mise en lumière dans le débat public de la culture du viol et du harcèlement de rue", rappelle ainsi Marlène Schiappa dans une interview accordée au Figaro, expliquant que son engagement féministe remonte à sa propre expérience, et son vécu depuis l'adolescence.

"Le harcèlement de rue existe dans l'ensemble de la France et peut toucher tous les quartiers, toutes les classes sociales", estime-t-elle, soulignant qu'il est "aussi présent dans les entreprises" et "dans le cadre intrafamilial".

"Le harcèlement de rue, c'est une question culturelle. En France, quand une femme est agressée dans la rue à 3 heures du matin, on lui demande ce qu'elle faisait dehors à cette heure-là et comment elle était habillée. (...) La grande majorité des violeurs et des agresseurs sont des hommes sans pathologie mentale mais qui ont baigné dans cette culture", estime encore Marlène Schiappa.

Des amendes pour punir le sexisme

Pour lutter contre le harcèlement, la secrétaire d'Etat préconise l'intervention de la nouvelle police de sécurité quotidienne, annoncée par Emmanuel Macron, qui serait chargée de "verbaliser le sexisme, comme les autres crimes et délits". Les individus inquiétés pourraient alors payer des amendes immédiates. "C'est une mesure qui aura valeur d'exemple", estime Marlène Schiappa. 

"Bien entendu, il n'y aura pas un policier derrière chaque agression sexiste, mais c'est la meilleure campagne de communication qui soit", tempère-t-elle. "Nous allons calquer cette lutte sur ce qui a été fait en matière de sécurité routière, qui fut grande cause nationale sous Jacques Chirac. Le permis à points, ce seront les amendes. Nous allons aussi travailler avec le ministère de la Justice pour faire en sorte que tous les auteurs de violences sexistes condamnés exécutent réellement leurs peines", avance enfin la nouvelle secrétaire d'Etat. 

A.S.