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La consigne fait son retour pour les bouteilles en plastique

Bouteilles en plastique et canettes de métal pourront bientôt être déposées dans des points de collecte dans les lieux publics, contre une somme versée "à une grande cause nationale".

Lundi, lors de la présentation de la feuille de route "antigaspillage" du gouvernement, Edouard Philippe a évoqué le retour de la consigne, une pratique notamment en vigueur pour le verre en Allemagne, ainsi qu'en Alsace pour certains formats. Pas question toutefois pour le moment de rendre sa bouteille en magasin contre une pièce.

Déjà, cela concernerait cette fois-ci les bouteilles plastiques et canettes en métal. "Il y a un problème en France. Dans les zones urbaines et les plus denses, il y a une bouteille seulement sur dix qui est collectée et recyclée", a déploré ce mardi sur BFMTV et RMC Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire.

"On va proposer aux Français qui le souhaitent, pour le hors-foyer (gares, aéroports, parcs), de pouvoir rapporter s'ils le veulent leurs bouteilles dans un endroit où elles seront collectées spécifiquement", a-t-elle développé sur le plateau de Bourdin Direct.

Contre une rétribution financière? Pas pour le moment en tout cas, a expliqué la secrétaire d'Etat. "Pour chaque bouteille mise dans la consigne, il y aura une petite somme, financée par un éco-organisme, qui ira à une grande cause nationale" qui reste à déterminer.

La consigne marchande, un "objectif"

Brune Poirson assure qu'en fin de compte, la consigne marchande "est l'objectif", mais que le gouvernement "ne peut pas imposer comme ça un système qui est révolutionnaire, qui va changer les habitudes non seulement des collectivités locales, mais aussi des entreprises, et des Français, comme ça du jour au lendemain sur un claquement de doigts".

Si le format a évolué, le système de consigne n'aurait pourtant rien de "révolutionnaire" pour les Français. Pendant plusieurs décennies, ces derniers ont rapporté leurs bouteilles en verre contre rétribution, avant que la pratique ne soit enterrée dans les années 1990 au profit du tri sélectif, à domicile notamment.

La secrétaire d'Etat n'exclut pas de s'inspirer d'initiatives privées qui fonctionnent. "On va se donner cinq ans pour expérimenter", a-t-elle précisé.

Liv Audigane