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Ferrand doit-il démissionner? "C'est son affaire" répond Sarnez

La ministre chargée des Affaires européennes a apporté un soutien mesuré à son collègue du gouvernement lundi sur BFMTV et RMC. En fin de semaine, le Premier ministre Edouard Philippe avait renvoyé Richard Ferrand au verdict des urnes lors des législatives.

Empêtré dans dans deux affaires révélées par le Canard enchainé, la pression s'accentue sur le ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand, allié de la première d'Emmanuel Macron. Lundi sur BFMTV et RMC, sa collègue du gouvernement Marielle de Sarnez a refusé de lui conseiller ou non de quitter ses fonctions. "C'est son affaire", a lâché la ministre chargée des Affaires européennes, sans montrer un élan démesuré à défendre l'élu breton. La semaine passée, le Premier ministre Edouard Philippe avait lui estimé que "les législatives" des 11 et 18 juin "seraient le juge de paix" pour son ministre

"Il n'y a rien d'illégal dans ce qu'a fait Richard Ferrand mais ça va devenir illégal", a-t-elle poursuivi en référence à la loi sur la moralisation de la politique prochainement portée par le ministre de la Justice François Bayrou. Ce dernier n'a d'ailleurs "aucun commentaire à faire sur des affaires personnelles" que le parquet de Brest a rejeté toute enquête sur ces faits, a expliqué l'élue Modem. 

Dimanche sur BFMTV, le Secrétaire général du parti LR Bernard Accoyer a dénoncé un "conflit d’intérêts" de Richard Ferrand qui aurait déposé une proposition de loi en 2012 sur les mutuelles. "Cette mise en cause est scandaleuse", a réagi Benjamin Griveaux, porte-parole de la République en marche dans la soirée, parlant même de "mensonges".

Pas d'enquête mais les doutes de l'avocat à l'origine de l'opération

Ce lundi dans une interview accordée au Parisien, Me Alain Castel, avocat à l'origine de l'opération immobilière au coeur des soupçons qui pèsent sur Richard Ferrand, raconte les coulisses de cette transaction et émet des doutes sur les réelles motivations de l'actuel ministre dans ce dossier. 

Le Parquet national financier (PNF) a déjà annoncé qu'il n'ouvrirait pas d'enquête, indiquant que les "faits évoqués à ce stade n'entrent pas dans le champ de compétence du PNF". De son côté, le parquet de Brest a fait savoir que le procureur Eric Mathais a "procédé à une analyse juridique pour déterminer s'il devait se saisir et diligenter une éventuelle enquête". "Au terme de celle-ci", conclut-il, "il apparaît qu'en l'état, aucun des faits relatés n'est susceptible de relever d'une ou plusieurs qualifications pénales permettant d'ouvrir une enquête préliminaire".

Samuel Auffray