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Dussopt nommé à Bercy après avoir voté contre le budget de Macron

Le nouveau secrétaire d'Etat chargé de la Fonction publique, a voté il y a quatre jours contre le projet de loi de Finances présenté par Gérald Darmanin.

En politique comme ailleurs, les archives peuvent parfois faire mal. Olivier Dussopt, nommé secrétaire d'Etat chargé de la Fonction publique vendredi soir, en fait l'expérience. Le député socialiste, ancien proche de Martine Aubry puis de Manuel Valls, a rallié le gouvernement d'Edouard Philippe, actant par la même occasion son exclusion du PS.

Il suffit d'une simple recherche sur le site de l'Assemblée nationale pour connaître les récentes positions d'Olivier Dussopt sur les projets de loi soumis aux députés. On apprend ainsi qu'il s'est abstenu lors du vote de confiance à Edouard Philippe, mais surtout qu'il a voté contre le projet de loi de finances pour 2018. Un texte présenté au nom du gouvernement par Gérald Darmanin… devenu son ministre de tutelle. Olivier Dussopt ne s'est pas arrêté là: il a également voté contre le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018. Enfin, il a voté contre le texte sur les ordonnances sur la loi Travail, l'un des piliers de la politique d'Emmanuel Macron.

Rien de problématique, selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. "La nomination d'Olivier Dussopt, c'est un signe de rassemblement, cela s'inscrit dans ce que le président de la République a toujours voulu faire, à savoir le rassemblement le plus large possible", a commenté le ministre ce samedi matin sur France inter, avant d'ajouter: "Ce rassemblement, il se fait autour d'un projet, celui du président de la République. Il ne peut y avoir de doute là-dessus." Olivier Dussopt aurait donc rallié le projet d'Emmanuel Macron, et son budget? "Cela va de soi", répond Bruno Le Maire.

Attaques et messages bienveillants

Il n'y a pas si longtemps, le député ne s'était pourtant pas privé d'attaquer le chef de l'Etat et le gouvernement. En septembre 2014, suite aux propos d'Emmanuel Macron sur les "illettrées" de l'abattoir Gad, le socialiste Olivier Dussopt lui avait reproché d'avoir eu un comportement de "connard" et d'avoir fait preuve de "mépris".

Plus récemment, en juillet dernier, lors des débats sur les ordonnances sur la loi travail, il accusait l'exécutif de vouloir "verrouiller" les débats. Président de l'association des maires des petites villes de France, il accusait au mois d'août à l'Assemblée le Premier ministre de "trahison" après l'annonce de la suppression de dotations de 300 millions d'euros aux collectivités locales.

En parallèle de ses attaques, le député s'est fendu plusieurs fois de messages bienveillants: "je fais partie de celles et ceux qui ont fait campagne en disant qu'il fallait laisser sa chance au quinquennat et que nous devions participer à la réussite", rappelait-il sur LCP après la nomination d'Edouard Philippe à Matignon.

"Je ne crois pas que se réfugier d'emblée dans une attitude d'opposition fasse partie des conditions pour la réussite du quinquennat."

Le 20 novembre, à l'occasion d'une rencontre avec Edouard Philippe, il évoquait sur Twitter un "dialogue direct et cordial".

D'une opposition bienveillante, Olivier Dussopt sera donc passé à un ralliement pur et simple à Emmanuel Macron.

Ariane Kujawski