BFMTV

Christiane Taubira: "quand je pleure, je pleure dans ma chambre"

Le ministre de la Justice Christiane Taubira

Le ministre de la Justice Christiane Taubira - Kenzo Tribouillard - AFP

Face à de nouvelles attaques racistes d'une élue UMP de la région parisienne, la ministre de la Justice, qui a reçu le soutien de Manuel Valls, préfère ne pas s'étendre sur les cas particuliers des "paroles qui vont toujours plus loin". 

"Tract ambulant du FN" pour l'élu UMP Gérald Darmanin, comparée à une "geunon" par une petite filleetc., la ministre de la Justice Christiane Taubira a subi une nouvelle attaque ce mercredi. Sur Facebook, une élue municipale de Juvisy-sur-Orge dans l'Essonne a invité la garde des Sceaux à retourner en Guyane.

"C'est pitoyable d'avoir une telle ministre de la Justice. Elle vient de Cayenne, là où il y avait le bagne, qu'elle reparte là-bas vu qu'elle a toujours détesté la France", a écrit Isabelle Guinot, première adjointe du plus jeune maire de France Romain Reda, sur une page intitulée "13.000 vols, 2.000 agressions et 200 viols par jour et le vidage des prisons va commencer..." Le commentaire, qui date du 8 mars, a été supprimé depuis. 

C'est "lamentable" a simplement commenté Christiane Taubira sur RTL.

"Ca n'a pas d'importance. C'est surtout fréquent... L'important n'est pas ma personne. (...) Le racisme est insupportable, d'où qu'il vienne et quelles que soient les convictions de celle ou de celui qu'il porte", explique la ministre de la Justice.

"L'UMP retrouve ses vieux démons"

"Il faut avoir la décence de ne pas en parler, en particulier lorsqu'on a mené des combats rudes dans sa vie et qu'on a eu le temps de se forger une capacité à résister. On n'est pas à plaindre. Quand mon fils aîné trouvait que je résistais à trop de situations, je lui disais: 'Quand je pleure, je pleure dans ma chambre'. Même mes enfants n'ont pas à savoir si je souffre", poursuit-elle sur RTL avant de dénoncer une parole politique libérée au sein de l'opposition qui conduit aux dérapages racistes sur sa personne.

"Je constate notamment que l'UMP est en train de retrouver ses vieux démons, dénonce Christiane Taubira. Il y a des paroles politiques identifiables, identifiées, avec des signatures qui de plus en plus jouent avec le bord de la ligne. Après, les citoyens franchissent le dernier pas qui manque".

Tôt mercredi matin, le Premier ministre Manuel Valls lui avait apporté son soutien sur Twitter: "Propos indignes, scandaleux et désespérants d'une élue de Juvisy. Soutien à la Garde des Sceaux".

Hollande et Valls montent au front

Manuel Valls est revenu sur le sujet suite au Conseil des ministres mercredi:

"Je veux dire, et nous l'avons partagée en Conseil des ministres, une nouvelle fois notre indignation, notre colère face aux propos racistes, antisémites, homophobes, sexistes qu'on voit se répandre avec une très grande facilité; notre indignation et notre colère à l'égard des propos vis-à-vis de Christiane Taubira", a déclaré à la presse le Premier ministre.

Dans le même temps, François Hollande a jugé "inqualifiables", les attaques contre Christiane Taubira, a rapporté le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.

"Le président de la République a souligné que les attaques qui étaient portées vis-à-vis de la garde des Sceaux étaient inqualifiables. (...) Il faut aussi rappeler que dans le débat politique on n'est pas obligé de tomber dans l'irrespect, l'indignité".
S.A.