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Cazeneuve prend des mesures pour enrayer les suicides dans la police

L'année 2014 a connu un pic de suicides chez les fonctionnaires de police. (Photo d'illustration)

L'année 2014 a connu un pic de suicides chez les fonctionnaires de police. (Photo d'illustration) - AFP

L'année 2014 a été particulièrement meurtrière, avec un pic de 55 suicides de policiers recensés. Le ministre de l'Intérieur a pris une série de mesures pour tenter d'enrayer le phénomène.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a arrêté mercredi une série de mesures afin d'enrayer les suicides dans la police - plus nombreux en 2014 - dont il veut "mieux déceler les signaux".

Des chiffres "inquiétants" en 2014

"Les chiffres sont inquiétants" pour 2014 avec 55 suicides de policiers recensés contre une quarantaine en moyenne les années précédentes, a dit le ministre à la presse après une réunion avec les syndicats de police tenue à l'issue d'un Comité d'hygiène et de sécurité (CHST) dédié à ces questions.

"Il faut limiter au maximum le nombre de ces drames humains", a-t-il ajouté évoquant une "tragédie" pour les familles et collègues des policiers ayant mis fin à leurs jours.

"Intervenir le plus en amont possible"

Le ministre a annoncé le "renforcement des équipes de soutien" avec notamment le recrutement de 15 psychologues et la nécessité de "mieux déceler les signaux faibles" afin "d'intervenir le plus en amont possible".

Il faut également "réfléchir au management" afin que les "personnels et l'encadrement soient mobilisés ensemble".

Pour ce faire, il y aura des "modules de formation". Il a enfin mis en chantier une "plateforme de propositions" qui se réunira régulièrement soulignant le "climat consensuel" de cette rencontre avec les syndicats.

Laisser l'arme de service au vestiaire

Le ministre a aussi décidé "la refonte des cycles de travail pour améliorer la conciliation entre vie professionnelle et vie privée", selon un communiqué publié après la réunion. Il est également prévu de poursuivre l'expérimentation du dispositif de mise en place de casiers individuels, permettant aux policiers de déposer leur arme de service à la fin de leur vacation.

Une réunion s'était déjà tenue sur le sujet des suicides, à l'initiative de la direction générale de la police nationale (DGPN), le 5 novembre 2014. Elle avait lancé un guide pédagogique et pratique rédigé en concertation avec les syndicats, conçu "comme un vade-mecum" pour les policiers. Il y a une quarantaine de suicides tous les ans dans la police en moyenne, selon les rares études sur cette question souvent taboue.

Des causes de suicides "diverses"

Les causes des suicides "sont diverses", souvent privées, selon ces études, parfois liées au "stress", à la "violence" et la "pression hiérarchique", selon les syndicalistes.

"Les causes sont multifactorielles" a confirmé le secrétaire général adjoint d'Alliance (premier syndicat de gardiens de la paix) à l'issue de la réunion. "Nous savons que le déclencheur du passage à l'acte est souvent lié aux conditions de travail de plus en plus difficiles (...) à un management trop dur et nous n'avançons pas beaucoup sur ces sujets".

La moitié des policiers et gendarmes mettant fin à leurs jours le font avec leur arme de service, selon les études.

C. P. avec AFP