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Cazeneuve: "90% des individus qui basculent dans le terrorisme le font par Internet"

Bernard Cazeneuve s'exprime au micro de BFMTV, dans l'avion l'emmenant à Washington, le 19 février.

Bernard Cazeneuve s'exprime au micro de BFMTV, dans l'avion l'emmenant à Washington, le 19 février. - BFMTV

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve se rend ce jeudi aux Etats-Unis pour une visite de trois jours, consacrée à la lutte contre le terrorisme et la propagande en ligne.

En déplacement pour trois jours aux Etats-Unis où il doit notamment participer à un sommet international contre le terrorisme, à Washington, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a confié quelques mots à BFMTV dans l'avion, évoquant notamment ses discussions à venir avec les géants du web, qu'il doit rencontrer vendredi à San Francisco pour parler de lutte contre la propagande en ligne.

"Terrorisme en libre accès"

Pour Bernard Cazeneuve, il y a urgence de trouver des moyens de lutter contre ce qu'il considère être un "terrorisme en libre accès". "Quand 90% de ceux qui basculent dans le terrorisme basculent par Internet, et qu'à tout moment ils peuvent aller consulter des blogs, des sites, des réseaux sociaux, des forums, qui appellent au terrorisme, qui incitent ces jeunes à s'engager, oui, c'est un terrorisme en libre accès", a-t-il justifié.

"Ce n'est pas la même chose de pouvoir s'introduire dans des cercles très fermés de terroristes très suspicieux et très méfiants, que de pouvoir les rencontrer sur des forums internet en quelques clics", a par ailleurs estimé le ministre de l'Intérieur.

"Responsabilité partagée"

Et Bernard Cazeneuve d'indiquer qu'il compte "proposer un vrai deal" aux acteurs du web qu'il rencontrera vendredi. "Je vais leur dire: 'nous croyons à l'économie numérique, nous croyons qu'Internet est un espace de confiance. Nous avons réussi à lutter contre la pédopornographie. Il y a un danger aussi grand qui pèse sur notre jeunesse qui s'appelle l'engagement sectaire dans le terrorisme, avec des risques de crimes qui se sont déjà produits, donc on sait que c'est possible, on sait que ça peut se développer et s'amplifier. Par conséquent, nous avons besoin d'être dans une responsabilité partagée. Faites en sorte que l'on puisse retirer les contenus qui appellent au terrorisme, qui font l'apologie du terrorisme. Aidez nous à retirer les images qui sont une abjection absolue, ces images d'exécution, de décapitation'", a ainsi développé le ministre.

Engager un mouvement de longue haleine

Le sommet qui se tient dans la capitale américaine doit notamment réunir le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, les ministres de l'Intérieur français et britannique, Bernard Cazeneuve et Theresa May, les ministres des Affaires étrangères de Jordanie et du Japon, dont des ressortissants ont été récemment exécutés par les jihadistes de l'Etat islamique (EI), ainsi qu'Iyad Madani, secrétaire général de l'Organisation de la coopération islamique.

La Maison Blanche a pris soin de prévenir que la réunion visait à engager un mouvement de longue haleine, notamment contre la radicalisation, et n'était pas un sommet strictement focalisé sur l'EI. Parmi les objectifs déclarés, celui d'améliorer le partage d'informations et de bonnes pratiques, et d'encourager la collaboration entre société civile, communautés et secteur privé d'un côté, et autorités de l'autre.

Adrienne Sigel, avec Cécile Ollivier