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Candidate LaREM voilée à Montpellier: Schiappa défend la "séparation du religieux et du politique"

La ministre déléguée à la citoyenneté Marlène Schiappa le 30 mars 2021 à l'Assemblée nationale à Paris

La ministre déléguée à la citoyenneté Marlène Schiappa le 30 mars 2021 à l'Assemblée nationale à Paris - Bertrand GUAY © 2019 AFP

Interpellée par la droite à l'Assemblée nationale au sujet de Sara Zemmahi, la ministre déléguée à la Citoyenneté a renvoyé LR à son opposition au projet de loi sur le séparatisme.

La question était prévisible. Alors que le groupe La République en marche à l'Assemblée nationale est traversé, une fois de plus, par de fortes tensions sur le sujet du voile islamique, la droite tente d'agrandir la brèche ouverte lundi soir par Stanislas Guerini. Ce dernier s'est opposé à ce qu'une candidate LaREM aux élections départementales puisse arborer le voile sur un tract de campagne.

Lors de la séance de questions au gouvernement, le député Les Républicains des Bouches-du-Rhône Julien Ravier a demandé à l'exécutif de "se désolidariser" de Sara Zemmahi. C'est la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, qui lui a répondu en invoquant d'abord le droit, qui dispose qu'une candidate à une élection est "théoriquement" autorisée à porter un voile.

"Voilà pour le droit. Maintenant pour la politique: les formations politiques (...) se prononcent, et ce choix (...) a toujours été partagé par l'ensemble du camp républicain, (...) pour une séparation du religieux et du politique", a-t-elle lancé à son interlocuteur LR.

"Aucune leçon de laïcité à recevoir"

Et Marlène Schiappa d'évoquer, comme l'ont fait d'autres marcheurs comme Aurore Bergé, l'exemple du Nouveau Parti Anticapitaliste qui, aux élections régionales de 2010, avait présenté une candidate voilée, ce qui lui avait valu des critiques émanant de la gauche. L'une d'entre elles avait été exprimée par Jean-Luc Mélenchon, ce que la ministre n'a pas manqué de rappeler, provoquant l'agacement sur les bancs de La France insoumise.

"La majorité présidentielle n'a aucune leçon de laïcité à recevoir de votre part", a-t-elle poursuivi en s'adressant à Julien Ravier, faisant allusion à son opposition à la loi "confortant les principes de la République". Tohu-bohu immédiat dans les rangs de LR.

"Vous ne défendez pas la laïcité, et la majorité présidentielle n'a absolument aucune leçon à recevoir de la part d'un parti politique qui dit, comme M. Ciotti, que la seule chose qui vous différencie du Rassemblement national, c'est que vous, vous avez l'expérience de gouverner", a-t-elle tancé sous les applaudissements de la majorité.

On déduit de la réponse de Marlène Schiappa qu'à l'instar de Stanislas Guerini, délégué général de LaREM, elle est favorable à ce que Sara Zemmahi ne puisse être au premier plan de la campagne dans le canton de Montpellier. Le flou demeure quant à l'éventuel retrait de cette suppléante du binôme qui conduit la liste. Les tracts où elle apparaît voilée, eux, ont déjà été diffusés.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV