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Budget de la Sécu: la majorité craint un désamour des classes moyennes

La ministre de la Santé Agnès Buzyn, chargée de présenter le projet de loi sur le financement de la sécurité sociale, le 19 juillet 2017 à l'Assemblée nationale à Paris.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn, chargée de présenter le projet de loi sur le financement de la sécurité sociale, le 19 juillet 2017 à l'Assemblée nationale à Paris. - François Guillot - AFP

Les députés débattent dès ce mardi du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018. La majorité semble s’inquiéter d’un désamour des classes moyennes, coincées entre des mesures accusées de favoriser à la fois les plus riches et les plus modestes.

Le projet de loi sur le financement de la sécurité sociale est présenté ce mardi à l’Assemblée nationale par la ministre de la Santé Agnès Buzyn. En pleine période de vote du budget 2018, la majorité s’effraie d’un désamour des classes moyennes.

"Vivement le 30 janvier, ils verront leur feuille de paie! (...) Enfin, espérons qu’ils la perçoivent, la baisse des cotisations sociales", s’inquiète ainsi un proche d’Emmanuel Macron dans Les Echos.

Une tribune dénonce "le sacrifice des classes moyennes"

Accusée de favoriser les plus riches avec des mesures comme la transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière, les plus modestes avec la revalorisation de l’allocation adulte handicapé, la hausse du minimum vieillesse et de la prime d’activité, la majorité peine à faire taire l’idée qu’elle négligerait les classes moyennes. Un sujet d'autant plus épineux que ce sont celles qui ont le plus favorisé Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle. 

Pour ses détracteurs, la baisse de la taxe d’habitation et la suppression des cotisations salariales ne suffisent pas. Soixante-six députés LR dénoncent ainsi ce lundi dans une tribune relayée par l'AFP "le sacrifice des classes moyennes et de la France des territoires", appelant à un budget "plus audacieux, donc plus juste" pour 2018.

"Pour faire face à ses reniements, la majorité est contrainte à une hausse de la fiscalité sur les ménages et les entreprises. La France des classes moyennes et des territoires en est la première victime", affirment-ils.

"Deuxième lame du budget des riches"

Le député socialiste Olivier Faure, président du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale, taxe lui le projet de loi pour le financement de la sécurité sociale de "deuxième lame du budget des riches" et dénonce des "promesses non tenues pour les plus pauvres" dans un communiqué. 

Sous couvert d’anonymat, un député LaREM s’indigne également dans Les Echos de la réduction de la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje).

"On touche de manière paramétrique à la politique familiale sans attendre la remise à plat prévue pour l’année prochaine, ce n’est pas acceptable", dénonce-t-il.

Brigitte Bourguignon, présidente LaREM de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée, s’attend de fait à un "examen intense" du texte en séance publique, "après des débats constructifs en commission", mais nie le délaissement d’une classe sociale par rapport à une autre. "Cessons d'opposer stérilement telle et telle catégorie… Ces budgets, ce sont d'abord ceux de tous les Français!", affirme-t-elle dans Le Figaro de ce lundi.

Les députés auront la charge dès ce mardi de débattre du budget de la Sécurité sociale, des vaccins obligatoires à la "taxe soda", en passant par l'augmentation des prix du tabac. 

Liv Audigane