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Bretagne: un pacte d'avenir tourné vers la régionalisation et l'expérimentation

Le Premier ministre entend donner plus de pouvoirs à la Bretagne.

Le Premier ministre entend donner plus de pouvoirs à la Bretagne. - -

Jean-Marc Ayrault a signé vendredi le Pacte d'avenir pour le Bretagne. Il a par ailleurs affirmé vouloir donner davantage de pouvoirs à cette région, touchée par une crise sociale et économique.

Jean-Marc Ayrault a signé vendredi à Rennes le Pacte d'avenir pour la Bretagne. Ce dernier rassemble près de deux milliards d'euros d'aides à cette région en proie à des restructurations, particulièrement dans le secteur de l'agroalimentaire. Le Premier ministre s'est dit par ailleurs prêt à offrir à la Bretagne des perspectives accrues en matière de régionalisation, une revendication de longue date.

Le chef du gouvernement espère que le Pacte permettra de calmer l'angoisse de la population, suscitée notamment par une série de plans sociaux. Mais les Bonnets rouges, organisateurs en novembre de deux manifestations de masse pour l'emploi, la régionalisation et contre l'écotaxe, restent mobilisés. Ils ont annoncé jeudi matin qu'ils préparaient pour février des "Etats généraux de Bretagne", selon l'entourage du mouvement.

Les syndicats demandent un volet social

Jeudi, les élus bretons s'étaient prononcés à une courte majorité en faveur du Pacte. Ils ont ainsi autorisé le président de région Pierrick Massiot à signer le texte avec le préfet et le Premier ministre, qui devait se déplacer à Rennes entouré de cinq ministres: Philippe Martin (Ecologie), Michel Sapin (Travail), Stéphane Le Foll (Agriculture), Marylise Lebranchu (Décentralisation) et Guillaume Garot (Agroalimentaire).

Les élus du groupe Droite et Centre du conseil régional, qui ont voté contre le texte, avaient décidé de boycotter la cérémonie de signature, et deux syndicats, Force ouvrière et Sud, avaient appelé à une manifestation. La CFDT, la CGT, l'Unsa et la FSU ont quant à elles alerté vendredi le Premier ministre sur la nécessité de construire un "volet social opérationnel" dans le Pacte.

Mesures d'urgence

C'est Jean-Marc Ayrault qui a lancé le pacte mi-octobre pour trouver des solutions pérennes à la "crise bretonne", liée à une avalanche de restructurations et de plans sociaux dans l'agroalimentaire, les télécoms et l'automobile, trois piliers de l'économie bretonne. La colère en Bretagne a été alimentée par le rejet de l'écotaxe, aujourd'hui simplement suspendue.

Le pacte énumère des mesures d'urgence pour les filières et les salariés en difficultés. Il contient des dispositions dans les domaines de l'emploi, de l'accès au marché du travail, de l'enseignement supérieur et la recherche notamment, mais aussi pour l'agroalimentaire, en pleine tourmente. Au total, l'enveloppe serait de près de deux milliards d'euros d'aides ou de prêts, nouveaux ou déjà approuvés.

La Bretagne, terre d'expérimentation

Le Premier ministre devait aborder dans son discours la question de la décentralisation, chère à de nombreux élus bretons. Il avait déjà abordé ce sujet vendredi à l'occasion d'une interview donnée au Télégramme. On y a appris notamment que Jean-Marc Ayrault entend "renforcer les compétences des régions". "Le dialogue est ouvert. J'attends des propositions, y compris innovantes, y compris audacieuses", a notamment déclaré le Premier ministre.

Sur l'antenne de France Bleu, il a même assuré être prêt "à passer par la voie de l'expérimentation". "Si les Bretons sont prêts à aller plus loin, je veux leur en donner les moyens (....) dans différentes compétences", a-t-il affirmé. Un comité de pilotage devrait être mis en place.

"On est ouvert pour compléter le Pacte après, notamment en matière de simplification des normes environnementales, très attendue par les chefs d'entreprise et les agriculteurs", a-t-on ajouté à Matignon. Le président François Hollande, qui devrait se rendre en Bretagne dans les prochaines semaines, y est attendu de pied ferme par les Bonnets rouges, qui réclament de sa part un discours "historique" sur la décentralisation.

M. K. avec AFP