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BarakaCity: l'indignation tardive de Najat Vallaud-Belkacem 

La ministre de l'Education a suscité un tollé en refusant de commenter des propos polémiques tenus devant elle par le président de l'ONG salafiste BarakaCity dimanche. Vingt-quatre heures après, elle a fini par exprimer sa colère.

Le silence gêné de Najat Vallaud-Belkacem a finalement laissé place à son indignation. Lundi soir, la ministre de l'Education a posté un long message sur sa page Facebook pour exprimer sa révolte face au comportement et aux propos tenus par Idriss Sihamedi, président de l'ONG salafiste BarakaCity. Cette association vient en aide aux populations musulmanes dans le monde, et l'un de ses bénévoles français, Moussa, est détenu au Bangladesh.

"Je suis gêné de la question"

Dimanche, sur le plateau télévisé du Supplément sur Canal+, sa réaction avait pourtant été plus mesurée.

Tout commence quand le président de l'ONG admet qu'il refuse de serrer la main des femmes au nom de ses convictions religieuses, "comme certains rabbins", argue-t-il. Avant de se montrer peu convaincant pour condamner les actes de Daesh. 

"Ce n'est pas qu'on ne condamne pas l'Etat islamique, c'est qu'on essaye d'avoir une certaine pédagogie pour essayer de discuter avec les jeunes et pour leur faire comprendre qu'on est une alternative qui est bien, qui est pacifique et qu'on peut trouver au Togo ou en France", avance-t-il.

Il poursuit ensuite: "Si ils tuent des gens, brûlent des gens dans des cages, tirent sur des femmes enceintes, je ne vais pas vous dire "non, je ne condamne pas". Mais je suis gêné de la question". "Et nous, nous sommes gênés de la réponse", rétorque alors le journaliste Ali Baddou. 

Tollé après son absence de réaction

Stupéfaite, Najat Vallaud-Belkacem refuse dans un premier temps de réagir, avançant qu'elle ne connaît "pas bien" l'association... avant de condamner mollement ces propos quand Ali Baddou insiste et la relance. Tollé sur les réseaux sociaux. Dans la classe politique, Gilbert Collard et Roger Karoutchi s'indignent de son silence. 

Finalement, vingt-quatre heures, après, la ministre change d'avis: elle décide de condamner fermement et publiquement les propos d'Idriss Sihamedi en postant un message sur Facebook. "Les propos scandaleux tenus dans cette émission rappellent l’exigence de toujours opposer la pensée à la barbarie, sans jamais la rabaisser à la polémique", écrit-elle. Juste un peu tard. 

"On ne débat pas contre les ennemis de la république"

La ministre a été accusée de ne pas avoir été à "la hauteur" par le député Les Républicains, Yves Nicolin, lors des questions au gouvernement mardi. "Ma règle est simple. On ne débat pas contre les ennemis de la république, on les combat", a répondu la ministre de l'Education. Fustigeant une "polémique dérisoire", elle a ajouté ne pas avoir voulu "servir la soupe": "mon action se situe au sein de mon ministère".

"Je condamne évidemment les propos qui ont été tenus par le président de cette association. Je regrette qu'on lui ai offert une tribune", a-t-elle ajouté.

A. G.