BFMTV

Aides sociales: "On veut aider chacun à ne plus avoir besoin d'aides", assure Muriel Pénicaud

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail.

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail. - BFMTV

La ministre du Travail a tenté de justifier les déclarations d'Emmanuel Macron qui, cette semaine, a estimé que l'Etat met "un pognon de dingue" dans les aides sociales et qu'il fallait "responsabiliser" les bénéficiaires.

"Le président de la République a dit qu'il faut mieux prévenir que guérir." La ministre du Travail a tenté, ce dimanche, de répondre aux critiques concernant les déclarations d'Emmanuel Macron sur les aides sociales. Lors d'une réunion de travail, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, le chef de l'Etat a estimé que l'Etat met "un pognon de dingue" dans les aides sociales sans aider les bénéficiaires à sortir de la pauvreté. "On met trop de pognon on déresponsabilise et on est dans le curatif", avait-il encore tranché.

Emancipation

La ministre du Travail, invitée de BFM Politique ce dimanche, a défendu ce point de vue, estimant que l'Etat devait aider les citoyens à "s'émanciper". "Aujourd’hui quelqu’un qui est au RSA, seulement 9% vont pouvoir retrouver un emploi d’ici la fin de l’année, a justifié Muriel Pénicaud. Les aides, ça sert à la solidarité pour que tout le monde vive dans la dignité. Mais qui veut vivre dans la précarité toute sa vie? Qui veut vivre avec des aides toute sa vie?"

L'objectif est donc clair pour la ministre: "Ce qu’on veut faire c’est aider chacun à ne plus avoir besoin d‘aides, c’est ce qu’on appelle l’émancipation par le travail. Pour cela, il faut réunir les conditions pour que si par les accidents de la vie vous devenez pauvre, vous ne restez pas condamnés à être pauvre toute votre vie."

"Les acteurs c’est tout le monde"

"Au nom de la solidarité, il ne faut pas tuer de l’espoir", ajoute encore la ministre. Muriel Pénicaud était aussi interrogée sur le terme de "responsabilisation" des bénéficiaires d'aides sociales, sous-entendant que ces derniers seraient responsables de leur situation. La membre du gouvernement estime pour sa part que la responsabilité vient aussi de "l’Etat, les régions, les départements, les partenaires sociaux". "Les acteurs c’est tout le monde, c’est aussi la manière dont les systèmes sont conçus", tranche-t-elle.

La ministre appelle à ce que "chacun soit acteur, et ne subisse pas". Et de conclure: "Etre autonome, être fier c’est mieux comme projet de société que d’un côté les gens qui ont un emploi et les autres qui regardent (...)."

J.C.