BFMTV

Marine Le Pen ménage ses alliances avec l'extrême droite européenne

Marine Le Pen lors d'un vote au Parlement européen, à Strasbourg, le 22 novembre 2016.

Marine Le Pen lors d'un vote au Parlement européen, à Strasbourg, le 22 novembre 2016. - FREDERICK FLORIN / AFP

La présidente du Front national participera le 21 janvier en Allemagne à une conférence organisée par le groupe Europe des Nations et des Libertés, qui rassemble l'extrême droite du Parlement européen. Elle y rencontrera Frauke Petry, à la tête de l'AfD, parti anti-islam et eurosceptique allemand. Une entrevue prévue depuis plusieurs mois.

La présidente du Front national est en pleine campagne pour la présidentielle. Elle se rendra bientôt en Allemagne, pour l'un de ses rares déplacements à l'étranger. Une visite stratégique, qui devrait permettre de sceller une nouvelle alliance au sein de l'Europe populiste, et de ménager celles qui sont déjà acquises.

Le 21 janvier, elle participera à une conférence intitulée "Liberté pour l'Europe", à Coblence, dans l'ouest du pays. Un rendez-vous organisé par le groupe Europe des nations et des libertés (ENL) du Parlement européen. Fondé en 2015 et co-présidé par Marine Le Pen, il rassemble à l'extrême droite de l'échiquier politique européen des partis tels que le FN, le Vlaams Belang flamand, le PVV néerlandais de Geert Wilders, le FPÖ autrichien, longtemps dirigé par Jörg Haider, et la Ligue du nord italienne.

Bientôt une alliance avec l'AfD

Une rencontre à laquelle participera Frauke Petry, la co-dirigeante du parti de la droite populiste allemande AfD (l'Alternative pour l'Allemagne). Comme elle l'a annoncé dans un tweet, Matteo Salvini de la Ligue du nord, Geert Wilders, le député néerlandais anti-islam du Parti de la liberté (PVV), ainsi que Harald Vilimsky, secrétaire général du parti d'extrême-droite FPÖ (Parti de la Liberté), participeront également. 

L'AfD a rejoint le groupe ENL au Parlement européen le 30 avril dernier, avec l'intégration de l'eurodéputé Marcus Pretzell, qui sera aussi présent le 21 janvier. Le Front national et l'AfD tentent depuis plusieurs mois de se rapprocher officiellement. Mais ces tentatives ont été rendues difficiles par des divergences de programmes économiques. La vice-présidente du parti allemand avait notamment qualifié le programme économique du FN de "socialiste". 

Discours anti-islam et anti-migrants

Depuis 2015, l'AfD a cumulé plusieurs bons résultats électoraux en Allemagne au niveau régional. Une victoire qui doit beaucoup à l'arrivée massive de réfugiés dans le pays, qui a inquiété une partie de l'opinion publique.

Autrefois considéré comme "le parti des professeurs", il a progressivement changé de nature à mesure que les départs se sont multipliés en son sein. Aujourd'hui, il attire les voix de ceux qui craignent le déclassement, des chômeurs ou encore des habitants de l'ex-RDA. Avec un discours anti-islam et anti-migrants, il est actuellement crédité de 15% des intentions de vote environ, pour les législatives qui devraient se tenir fin septembre. 

Charlie Vandekerkhove avec AFP