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FN: "Marine Le Pen ne respecte pas ses engagements", dénonce Aymeric Chauprade

L'eurodéputé, Aymeric Chauprade, a annoncé lundi soir, qu'il quittait le Front national. Il dénonce l'emprise de Florian Philippot sur le parti et l'exclusion de Jean-Marie Le Pen.

Aymeric Chauprade claque la porte du Front national. L'eurodéputé a annoncé lundi soir son départ par un dur réquisitoire contre Marine Le Pen et Florian Philippot, avançant des raisons "morales" mais aussi "idéologiques". "Marine le pen ne respecte pas sa parole, ses engagements", a-t-il lancé sur BFMTV.

Dans une interview au Figaro, Aymeric Chauprade dénonce "deux trahisons" commises par Marine Le Pen et notamment sa mise à l'écart après la diffusion d'une vidéo post-attentat de janvier où il expliquait que "la France est en guerre contre les musulmans". Il avait été dessaisi de ses responsabilités au sein du parti. Une décision "sous un faux prétexte", assure-t-il. "Elle a 'éliminé' un certain nombre de ses conseillers, sans raison", insiste l'eurodéputé. 

"Chantage à la rediabolisation"

La raison de cette refonte de l'entourage de la présidente du Front national porte un seul nom pour Aymeric Chauprade: celui de Florian Philippot, son vice-président, "un homme de gauche qui propose un socialisme national". "Elle est prisonnière de Florian Philippot, attaque-t-il. Il est le coeur nucléaire du FN, le logiciel." Ce qui empêcherait le parti d'extrême-droite de constituer un programme cohérent.

"Quand on a trahi sa parole vis à vis de ses principaux collaborateurs, quand on a trahi celui auquel on doit tout, pourquoi on ne trahirait pas le peuple français" dénonce Aymeric Chauprade.

Aymeric Chauprade dénonce également le chantage dont serait prisonnière Marine Le Pen. "Il s'agit d'un chantage à la dédiabolisation ou plutôt à la 'rediabolisation'", analyse-t-il. Pour l'eurodéputé, la seconde trahison de Marine Le Pen réside dans l'exclusion de son père, Jean-Marie Le Pen. Lui propose un grand parti de "droite crédible, assumée", "une grande droite de rassemblement" allant des Républicains jusqu'à l'extrême-droite en intégrant Philippe de Villiers ou en core Marion Maréchal-le Pen.

Affaire Air Cocaïne

Sur Twitter, Marine Le Pen a réagit au départ de son ancien collaborateur. "Surtout après l'affaire Air Cocaïne, nos désaccords avec A. Chauprade étaient devenus trop importants et son maintien au FN impossible", écrit la présidente du parti. 

Le mois dernier, Aymeric Chauprade avait reconnu son implication dans l'exfiltration clandestine de République dominicaine, de deux pilotes condamnés pour trafic de drogue. "Je suis fier de cette exfiltration, je suis fier d'avoir pu voler au secours, comme d'autres, de deux Français qui étaient confrontés à un déni de justice", s'est justifié l'eurodéputé qui qualifie cette opération de "privée" et non de "politique.

J.C.