BFMTV

Jean-Marie Le Pen visé par une plainte du fisc pour fraude fiscale

La résidence de Montretout, à Saint-Cloud, où Jean-Marie Le Pen a ses bureaux, a été perquisitionnée ce mercredi dans le cadre de l'enquête pour blanchiment de fraude fiscale. Le fondateur du Front national est visé, avec son épouse Jany, par une plainte du fisc pour fraude fiscale.

Le manoir de Montretout à Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine, où Jean-Marie Le Pen a ses bureaux, a été perquisitionné mercredi dans une enquête portant notamment sur des faits présumés de blanchiment de fraude fiscale. Cette enquête visant le cofondateur du FN, en rupture de ban avec son parti, avait été ouverte en juin par le parquet national financier (PNF). Une source judiciaire a d'ailleurs révélé mercredi soir que Jean-Marie Le Pen et son épouse sont visés depuis le 24 septembre par une plainte du fisc pour fraude fiscale aggravée.

Vers 6 heures ce matin, une quinzaine de policiers ont investi le domicile de Jean-Marie Le Pen pendant près de 5 heures. "Rien n'a été découvert" de compromettant, selon nos informations. L'eurodéputé et son épouse étaient absents de leur domicile car ils sont en vacances en République dominicaine depuis la fin de semaine dernière. 

"Je n’ai pas de compte en Suisse, moi"

"Je suis l’objet de l’attention minutieuse des agents du fisc depuis des dizaines d’années, a écrit Jean-Marie Le Pen dans un communiqué. Comme toujours, sous la gauche comme sous la droite il semble que le calendrier électoral commande les actes de procédure si possible médiatiques. Une nouvelle fois, je démens avoir de quelque façon que ce soit transgressé la loi."

"Je n’ai pas de compte en Suisse, moi. On ne peut pas ainsi perquisitionner tous les citoyens en prétextant qu’ils ont un compte quelque part", a déclaré par téléphone à BFMTV l’ancien président d’honneur du FN depuis son lieu de vacances. "On entre dans une période électorale. Il faut alors redorer le blason des gens qui nous gouvernent", a-t-il ajouté.

Le domicile de son majordome à Rueil-Malmaison a également été perquisitionné dans le cadre des investigations et un ordinateur et des clés USB y ont été saisis.

L'enquête porte sur des faits présumés de blanchiment de fraude fiscale et d'omission de déclaration de patrimoine, à laquelle sont astreints les parlementaires, a précisé la source judiciaire. Elle est consécutive à des signalements de la cellule antiblanchiment de Bercy (Tracfin) sur un compte bancaire caché à l'étranger, et de l'ancienne Commission pour la transparence financière de la vie politique, remplacée depuis par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Le Pen met Mediapart en cause

Fin avril, le site d'information Mediapart avait révélé le signalement de Tracfin évoquant un trust géré à Genève, dont l'ayant droit serait l'assistant personnel de Jean-Marie Le Pen. Selon ce signalement, le trust comprendrait un compte abondé à hauteur de 2,2 millions d'euros, dont 1,7 million sous forme de lingots et de pièces d'or.

Jean-Marie Le Pen avait alors démenti toute implication dans un trust à l'étranger. "Je le nie. Ce n'est pas parce que Mediapart dit quelque chose que c'est une vérité évangélique", avait-il déclaré. "Je ne suis pas tenu de m'expliquer sur ce que dit n'importe qui, en particulier des organes para-policiers chargés de semer la perturbation dans la classe politique" a ajouté celui qui a co-fondé le Front national en 1972. "C'est comme ça qu'ils gagnent leur croûte. Ils manient le scandale, le 'on dit'", a poursuivi l'eurodéputé.

Un compte passé de la Suisse aux Bahamas

Dans son signalement, Tracfin mentionne l'existence d'un trust basé aux Iles Vierges britanniques et géré à Genève pour le compte de l'assistant personnel de Jean-Marie Le Pen, selon une source proche du dossier interrogée par l'AFP. Selon cette source, le compte aurait été clos en 2014 et les fonds transférés dans une banque aux Bahamas.

Le signalement de la Commission pour la transparence financière de la vie politique sur la déclaration de patrimoine de 2014 de Jean-Marie Le Pen était aussi lié à des soupçons sur ce compte. Jean-Marie Le Pen avait admis en 2013 avoir détenu un compte en Suisse ouvert à l'UBS en 1981, affaire déjà évoquée par le passé. Il avait alors parlé d'une opération d'emprunt pour sa société de disques de l'époque, la Serp.

la rédaction avec AFP