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FN: la lettre virulente de Jean-Marie Le Pen à sa fille Marine

Jean-Marie Le Pen, ici le 25 mai à Saint-Cloud, refuse la stratégie de dédiabolisation de sa fille et assume ses propos.

Jean-Marie Le Pen, ici le 25 mai à Saint-Cloud, refuse la stratégie de dédiabolisation de sa fille et assume ses propos. - -

Le président d'honneur, mis au ban par les ténors du FN depuis son dernier dérapage avec le mot "fournée", rappelle à sa fille les propos polémiques qu'elle a elle aussi pu tenir par le passé. La guerre est déclarée.

C'est en l'appelant par son titre, "Madame la présidente", que Jean-Marie Le Pen s'adresse à sa fille, Marine, dans une lettre ouverte publiée ce vendredi sur son blog. Loin de reconnaître son dérapage récent par l'emploi ambigu du mot "fournée", et de s'en excuser, Le Pen père condamne avec force ceux qui l'ont dénoncé.

"Je suis victime d'une interprétation malveillante et diffamatoire qui a été faite par des ennemis poitiques ou des 'idiots utiles'", écrit-il. Une "interprétation" qui a pris une grande ampleur par la faute de sa fille selon lui, qui avait qualifié ses propos de "faute politique".

Et Jean-Marie Le Pen de l'attaquer frontalement en rappelant à Marine Le Pen ses propres dérapages: "Vous-même, n’avez-vous pas été mise en cause par votre déclaration sur 'l’occupation' de rues par des fidèles musulmans ou encore par votre présence à Vienne, à un bal, réputé 'nazi' par nos ennemis?", lance-t-il avec verve.

"Du pain bénit pour la presse"

Mis au ban du parti qu'il a fondé, Jean-Marie Le Pen poursuit sa courte lettre en rappelant les problèmes "d'immigration massive", "l'insécurité, le chômage", et assène avec un lyrisme grandiloquent que seul le Front national "est capable d'enrayer cette marche aux abîmes".

"Cela dit, je ne puis accepter une sanction injuste", termine-t-il, faisant allusion à son journal de bord vidéo qui a désormais été supprimé du site du Front national. "Je ne fais que demander justice [...] Dès lors, je considérerai dans l’intérêt commun que l’incident est clos."

Le vice-président Florian Philippot a réagi à cette affaire vendredi soir sur BFMTV. "Cette histoire devient fatiguante, et je crois que Jean-Marie Le Pen a raison lorsqu'il dit que tout ceci est insignifiant par rapport à l'avenir de notre France. Cette affaire, ce n'est rien, c'est du vide", affirme-t-il. Quant à Marine Le Pen, elle préfère "garder son calme", selon un proche, qui dénonce "du pain bénit pour la presse mais pas pour" eux. La guerre est déclarée.

Voici la lettre dans son intégralité:

Lettre de Jean-Marie Le Pen à Marine Le Pen publié par Fil_actu

Alexandra Gonzalez avec le service politique de BFMTV