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Jean-Marie Le Pen suggère de faire une "fournée" d'artistes

Dans une vidéo postée sur le site du Front national, Jean-Marie Le Pen s'en prend à des artistes, et dérape.

Dans une vidéo postée sur le site du Front national, Jean-Marie Le Pen s'en prend à des artistes, et dérape. - -

Dans une vidéo postée sur le site internet du Front national, retirée depuis, Jean-Marie Le Pen s'en prend directement à des artistes ayant critiqué la victoire du FN aux élections européennes. Et commet un nouveau dérapage.

Mise à jour: Marine Le Pen a pris ses distances de façon spectaculaire avec son père après une nouvelle sortie controversée qui a créé l'émoi au sein même du Front national et suscité une avalanche de condamnations des organisations antiracistes. Vu la "très longue expérience" de son père, "ne pas avoir anticipé l'interprétation qui serait faite de cette formulation est une faute politique dont le Front national subit les conséquences", a-t-elle affirmé.

Jean-Marie Le Pen n'a visiblement pas apprécié les critiques de certains artistes après la victoire du Front national aux dernières élections européennes. Dans une vidéo repérée par Le Lab d'Europe 1, publiée vendredi sur le site internet du Front national, avant d'être retirée samedi soir, l'ancien président du parti tacle ses cibles sans aucune retenue. A commencer par la chanteuse Madonna et l'humoriste Guy Bedos, rebaptisés pour l'occasion.

"On fera une fournée la prochaine fois"

"Monsieur Bedoche a comparé Marine Le Pen à Hitler, et Maldonna l'a accusée d'être fasciste", déclare-t-il dans cette vidéo postée dans son "Journal de bord". "Alors on va les pacser et ce sera un couple de pauvres cons", poursuit-il.

Puis Jean-Marie Le Pen intensifie son attaque lorsqu'il s'en prend, rigolard, à Yannick Noah, qui, dans une interview à BFMTV, s'est dit "insulté par le score du FN", et à Patrick Bruel, qui a déclaré qu'il ne se produirait pas dans les villes ayant élu un maire frontiste. "On fera une fournée la prochaine fois", dit ainsi Jean-Marie Le Pen au sujet des deux artistes.

Louis Aliot (FN) dénonce une "stupidité" et reçoit les foudres de Jean-Marie Le Pen

L'insatiable goût pour la polémique de l'ancien président du FN reste un gros caillou dans la chaussure de sa fille, Marine Le Pen, qui s'efforce de dédiaboliser son parti. Mais cette nouvelle sortie devrait sans nul doute provoquer des remous, et le vice-président du FN, Louis Aliot, a d'ores et déjà tenté d'éteindre l'incendie en dénonçant, auprès du Parisien, une "mauvaise phrase de plus". "S'il a bien utilisé le terme de 'fournée', c'est une mauvaise phrase de plus. C'est stupide politiquement et consternant".

Une interprétation fustigée quelques heures plus tard par Jean-Marie Le Pen. "A quel moment quelqu'un a utilisé le mot de fournée dans le sens que semblent avoir voulu croire un certain nombre? C'est dingue ça!", s'est emporté le président d'honneur du FN, sur France Info. Et d'ajouter: Je vois une réaction de Louis Aliot: s'il y a des gens de mon camp qui l'interprètent de cette manière, c'est que ce sont des imbéciles!".

De son côté, l'ancien candidat frontiste à la mairie de Paris, Wallerand de Saint-Just, est moins tranchant. Il déplore une "polémique artificielle", affirmant au Parisien que Jean-Marie Le Pen a prononcé le mot "fournée" de "façon anodine".

SOS Racisme va porter plainte contre Jean-Marie Le Pen

L'association SOS Racisme a quant à elle dénoncé des propos relevant "du plus crasse logiciel antisémite et non du simple dérapage", et annonce, dans un communiqué, le dépôt "dans les jours qui viennent" d'une plainte "contre cette immonde et énième sortie" de Jean-Marie Le Pen, "qui renoue là avec ses sorties sur le ministre Durafour et sur la Shoah".

Jean-Marie Le Pen a plusieurs fois été condamné pour incitation à la haine raciale ou contestation de crimes contre l'humanité, notamment pour ses propos qualifiant les chambres à gaz des camps de la mort nazis de "détail de l'histoire" ou pour un jeu de mot injurieux sur "Durafour crématoire" en 1988, visant le ministre Michel Durafour.

Adrienne Sigel