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François Ruffin sanctionné d'une amende après une passe d'armes à l'Assemblée nationale

François Ruffin.

François Ruffin. - Thomas Samson / AFP

François Ruffin, député France insoumise élu dans la Somme, se verra prélever 1600 euros sur son indemnité parlementaire. Cette sanction survient après une séance houleuse mardi à l'Assemblée nationale, lors de laquelle un membre de son groupe a demandé que le préfet de police de Paris soit démis.

Le député France insoumise élu dans la Somme, François Ruffin, a écopé d'une amende conséquente après que le ton s'est haussé mardi à l'Assemblée nationale autour du cas du préfet de police Didier Lallement. En effet, selon Le Parisien, 1600 euros seront prélevés sur son indemnité parlementaire après que le président de l'institution, Richard Ferrand, l'a noté au procès-verbal de la séance.

"Entre l'éborgneur et le fou furieux"

François Ruffin avait reproché auparavant à Laurent Nunez, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, de ne pas avoir témoigné sa compassion à l'égard des manifestants blessés. Mais l'intervention du député-journaliste succédait à une première prise à partie. Son confrère insoumis élu dans le Nord, Ugo Bernalicis, avait en effet interpellé le gouvernement au sujet du préfet de police de Paris Didier Lallement.

"Vous assumez donc bien de maintenir ce préfet et par là-même de gouverner par la peur. Vous avez nommé Didier Lallement en parfaite connaissance de sa réputation, dont la presse se faisait l’écho. ‘Lallement, le nouveau préfet qui fait flipper les flics’ Celui que ses collègues de Bordeaux surnommaient ‘le fou furieux’. C’est donc à dessein que vous l’avez nommé, car il y a une adéquation entre votre doctrine du maintien de l’ordre et la réputation de ce préfet, entre l’éborgneur et le fou furieux. Ce week-end tout a été fait pour faire monter la tension et aboutir à un affrontement", a-t-il lancé. 

Faisant référence à l'échange entre le haut-fonctionnaire et une manifestante gilet jaune samedi, lors duquel le préfet avait décrété qu'il n'était pas du "même camp" que son interlocutrice, Ugo Bernalicis a conclu: "En choisissant le camp de la répression, le préfet Lallement a quitté le camp de la République. Vous devez le démettre de ses fonctions." Laurent Nunez lui a alors assuré que la "doctrine définie au niveau du gouvernement" ne visait nullement à "empêcher le libre exercice du droit de manifester". 

"On m'a hurlé dessus" 

Edouard Philippe, prenant la parole un peu plus tard, s'est montré plus offensif. "Mettre en cause nommément un fonctionnaire qui exerce sa mission au service de l'État et qui, dans cet hémicycle, ne peut pas répondre puisqu'il ne peut pas parler et qu'il ne peut pas s'y présenter, me semble ne pas exactement correspondre aux exigences que nous avons à poser d'une démocratie mûre", a d'abord dit le Premier ministre. "Tel ou tel parlementaire peut parfaitement critiquer l'action du gouvernement, mais si vous avez à mettre en cause l'action d'un fonctionnaire, alors adressez-vous au ministre de l'Intérieur ou au Premier ministre", a-t-il fait valoir. 

Ces déclarations n'ont visiblement pas apaisé les contradicteurs du gouvernement. Après que François Ruffin a été sanctionné, Ugo Bernalicis a protesté: "Lorsque j'ai parlé, on m'a hurlé dessus. Il y a eu un tel brouhaha que peu de gens ont pu entendre mes propos. Et pourtant, il n'y a eu que François Ruffin qui a été sanctionné. C'est inadmissible."

Robin Verner