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François Ruffin dépose une proposition de loi "pour le droit d'uriner en paix"

François Ruffin lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 13 novembre 2018

François Ruffin lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 13 novembre 2018 - Thomas SAMSON / AFP

La proposition de loi entend alerter sur les problèmes de santé et l'impact environnemental important générés par les écrans publicitaires.

"Qui n’apprécie pas ce rare moment de tranquillité: pisser?". Avec ce vocabulaire peu banal dans un texte législatif, François Ruffin interpelle l’Assemblée nationale dans une proposition de loi contre la publicité dans les toilettes. Portée par plusieurs députés de La France Insoumise, un député Les Républicains et un député socialiste, la proposition de loi "pour le droit d’uriner en paix", entend "bouter la publicité hors des W.C.".

François Ruffin, à l’origine du texte, y explique que l’idée lui est venue dans un café parisien quand son regard a été happé par un écran publicitaire lumineux au-dessus d’un urinoir: "J’ai songé: même ici, les publicitaires envahissent notre temps de cerveau disponible! Comme Poutine! Ils viennent nous traquer jusque dans les chiottes!", explique le député de la Somme.

Pollution et risques pour la santé

Après une introduction en fanfare, la proposition de loi dénonce plus sérieusement l’invasion des écrans publicitaires qui "saturent l’espace public" et font leur apparition dans les rues, évoquant 2500 écrans numériques qui "ont colonisé 1200 urinoirs" depuis 2015. 

"Ce Big Brother nous espionne dans les rues, dans les transports... et jusque dans les toilettes!", déplore François Ruffin.

Et ces écrans seraient énergivores et auraient un impact environnemental important. Les dix députés évoquent "au moins 7000 KWh/an" de consommation électrique, autant que celle d’un couple et d’un enfant, sans oublier la pollution à la fabrication. Les écrans publicitaires seraient même dangereux pour la santé en raison de la lumière particulière émise, avancent encore les élus, citant l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Déposée ce mercredi 6 novembre, la proposition de loi a été renvoyée à la Commission des affaires sociales.

Guillaume Dussourt