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Immigration et santé: 11 députés LaREM signent une tribune contre les annonces du gouvernement

L'Assemblée nationale.

L'Assemblée nationale. - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Ces députés issus de l'aile gauche de la majorité appellent à ne pas légiférer "dans l'urgence", et dénoncent "des réponses administratives à des questions de santé publique".

Onze députés La République en marche ont co-signé jeudi une tribune pour s'opposer aux mesures prévues par le gouvernement qui veut restreindre l'accès des étrangers à l'aide médicale d'Etat (AME).

"Nous ne pouvons laisser croire que réduire cette aide aux dépens de la santé des plus vulnérables soulagerait notre système de solidarité nationale", plaident les signataires parmi lesquels figurent Martine Wonner, Jean-François Cesarini ou encore Sonia Krimi, membres du "collectif social démocrate", à l'aile gauche au sein de la majorité.

Le gouvernement a prévu des amendements pour tirer les conséquences des mesures dévoilées mercredi sur l'immigration. Sur l'AME, destinée à permettre l'accès aux soins des personnes en situation irrégulière, un amendement propose notamment un délai de trois mois avant l'accès à certains soins.

"Des réponses administratives à des questions de santé publique"

"L'introduction d'un délai de carence retardant l'ouverture des droits pour l'accès à la protection universelle maladie des demandeurs d'asile ou encore l'instauration d'une entente préalable visant à encadrer voire limiter l'accès à certains soins médicaux pour les personnes en situation irrégulière sont des réponses administratives à des questions de santé publique", écrivent ces députés de la majorité.

Les signataires de la tribune plaident pour ne pas légiférer "dans l'urgence", estimant que l'émotion "ne saurait guider à outrance nos travaux sur des sujets si sensibles alors que nous avons entre nos mains les destins souvent déjà meurtris de milliers de femmes, d'hommes, et d'enfants qui ne demandent qu'à survivre".

"Seules 12% des personnes pouvant bénéficier de l’AME l’utilisent", a tenu à rappeler ce jeudi matin à l'Assemblée nationale Martine Wonner, députée du Bas-Rhin.

"Nous pourrions applaudir l’évacuation des camps de migrants si c’est pour la mise à l’abri et l’évaluation immédiate de la souffrance psychique et physique de ces personnes qui ont un parcours absolument catastrophique et que nous devons accompagner", a-t-elle ajouté alors que les forces de l'ordre évacuaient dans le même temps un important camp de migrants dans le nord de Paris.

Guillaume Dussourt avec AFP