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Jean-Luc Mélenchon fait son retour à Hénin-Beaumont

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Il avait promis au lendemain des législatives qu'il reviendrait. Jean-Luc Mélenchon a choisi la circonscription d'Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, pour lancer jeudi sa "campagne de terrain" contre le traité budgétaire européen.

L'ex-candidat du Front de gauche à la présidentielle faisait son retour dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où il a terminé troisième avec 21,36% au premier tour des élections législatives, en juin. Devant lui, le candidat PS Philippe Kemel avec 23,50%, et Marine Le Pen avec 42,36%.

"Je démarre ma campagne de terrain contre le traité budgétaire européen", annonce celui qui souhaite "utiliser l'énergie qu'a dégagée la campagne des législatives".

Sur le marché de Libercourt, première étape de la journée, l'accueil est cordial mais les préoccupations bien éloignées du traité européen. "Les promesses, on en a marre, on est dans la merde... Y'a pas de travail. Soit on est trop jeune, soit on est trop vieux", lance une mère de famille. Tracts à la main, entouré de journalistes, Jean-Luc Mélenchon écoute. "Faut pas attendre que ça s'arrange tout seul", répond-il à celle qui l'interpelle.

A 100 kilomètres

"J'ai compris, ça (le traité) passe à 100 kilomètres au-dessus de la tête de tout le monde", admet un peu plus tard Jean-Luc Mélenchon devant la presse. "Mais mon travail consiste à montrer aux gens que les difficultés quotidiennes qu'ils vivent sont liées à l'Europe", per

"Il n'y a que Jean-Luc Mélenchon qui peut faire bouger les choses", estime sur le marché Rabay Cheblal, 51 ans, "déçu de la gauche de Hollande". "On attendait des lois fortes pour dire que le changement c'est maintenant, et il n'y a rien", s'agace ce militant, "encarté PS pendant 30 ans".

Frédéric, 40 ans, père de trois enfants est "inquiet" pour l'avenir. Cet inspecteur en assurance se demande si "Jean-Luc Mélenchon ne serait pas plus utile au sein du gouvernement pour faire avancer les choses". Pour lui aussi, la priorité c'est l'emploi, "le gouvernement doit agir sur l'emploi et pas seulement pour les jeunes".

"Quand on explique les choses, tout le monde écoute", se rassure Jean-Luc Mélenchon, qui compte bien rallier les troupes contre le traité budgétaire, un texte qu'il qualifie d'"abscons" et "tordu".

Le Front national ironise

Lui qui en est à sa "troisième lecture du traité définitif" le résume en une phrase : "Le traité condamne tous les pays qui le signe à l'austérité à vie".

L'après-midi, le leader du Parti de gauche a remonté le moral de quelques partisans. "On a bien bossé", dit-il à une quinzaine de personnes réunies à Hénin-Beaumont en vue de monter des "universités citoyennes".

Accueilli au siège du PCF d'Hénin, Jean-Luc Mélenchon rappelle aux militants que "notre tâche de militants révolutionnaires est d'expliquer. Les gens, une fois qu'ils ont compris, ils avancent". La suite de la réunion se fait à huis-clos. Dehors, une voiturette passe devant le local du PCF, le conducteur hurle "Marine Le Pen !"

Dans un communiqué, le Front national a ironisé sur le retour de Jean-Luc Mélenchon dans le bassin minier et sa "posture" anti-traité européen, rappelant que l'ancien socialiste avait voté pour le traité de Maastricht en 1992.