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Prières de rue: Marine Le Pen dénonce une "véritable persécution judiciaire"

La présidente du Front national, Marine Le Pen, comparaît mardi devant le tribunal correctionnel de Lyon pour ses propos de 2010 sur les prières de rue qu'elle a comparées à l'Occupation. A son arrivée, Marine Le Pen a déclaré:

"Il ne vous étonne pas le calendrier? Nous sommes à un mois d'une élection régionale alors que cette affaire a cinq ans."

"Christiane Taubira a décidé de mener à notre encontre une véritable persécution judiciaire, probablement parce que sur le plan politique, elle n'arrive pas à démontrer les bienfaits de sa politique", a-t-elle ajouté.

La dirigeante du Front national ne regrette pas ses propos et les assume. "Les prières de rue sont une illégalité, une manière d'accaparer un territoire pour y imposer une loi religieuse qui est contraire à la loi de la République, contraire à la laïcité", a-t-elle martelé.

Des propos tenus en 2010

En 2010 lors d'une réunion publique avec des militants à Lyon, la candidate du FN dans la région Nord-Pas-de-Calais avait déclaré:

"Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'Occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c'est une occupation du territoire", avait déclaré Marine Le Pen sous les applaudissements. "C'est une occupation de pans du territoire, des quartiers dans lesquels la loi religieuse s'applique, c'est une occupation. Certes, il n'y a pas de blindés, pas de soldats, mais c'est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants", avait-elle ajouté.

Affirmant qu'elle parlait d'occupation "avec un petit o" pour rejeter toute référence à l'occupation allemande subie par la France entre 1940 et 1945, l'élue FN avait également refusé toute accusation d'islamophobie. En arrivant à l'audience, elle a donc logiquement utilisé la tribune pour attaquer la justice, les juges et Christiane Taubira, la Garde des Sceaux.

Les associations espère une condamnation

La présidente du Front National n'en reste pas moins poursuivie pour "provocation à la discrimination, à la violence ou à la haine envers un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une religion". Elle encourt jusqu’à un an d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende. 

Pour Alain Jacubowicz, Président de la Licra qui s'est portée partie civile, les propos de Marine Le Pen sont une "une provocation à la haine raciale dont sont victimes nos concitoyens de confession musulmane." Il salue un "procès extrêmement important" et appelle tous les "hommes et femmes politiques à arrêter cette instrumentalisation".

J. Q.