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Estrosi étrille Wauquiez pour ses propos sur la PMA et le nazisme

Laurent Wauquiez et Christian Estrosi le 29 juin 2018 à Menton.

Laurent Wauquiez et Christian Estrosi le 29 juin 2018 à Menton. - VALERY HACHE / AFP

Le maire de Nice, qui prend depuis plusieurs mois ses distances avec la ligne officielle défendue par son parti, Les Républicains, n'a pas été tendre avec son chef de file.

"C'est terrifiant". Deux jours après les déclarations de Laurent Wauquiez, qui a fait un parallèle entre l'ouverture de la PMA à toutes les femmes et l'eugénisme pratiqué par les nazis, les critiques continuent de pleuvoir, y compris dans son camp.

Invité de RTL ce mardi, Christian Estrosi a jugé ces propos "insupportables". "Ça me donne froid dans le dos", a lâché le maire de Nice, qui s'affranchit depuis des mois de la ligne officielle défendue par son parti.

"Je suis personnellement pour (l'ouverture de) la PMA et je conçois parfaitement que d'autres y soient opposés. Mais aujourd’hui blesser sans doute des millions de Français qui y sont favorables, et surtout faire des références à l’eugénisme, au nazisme, etc, sont des sujets qui me choquent profondément", a-t-il déclaré.

Tollé dans la classe politique

Devant Sens commun, l'émanation politique de la Manif pour tous proche de LR, Laurent Wauquiez avait estimé dimanche soir que l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes lesbiennes et célibataires "mènera(it) nécessairement" à la gestation pour autrui (GPA), "la marchandisation des gamètes" et "l'eugénisme". "Tout ceci a un nom, c'est l'eugénisme; tout ceci a été fait par un régime, c'est le nazisme", avait lancé le chef de file de LR.

Ces propos ont provoqué un tollé parmi les associations et dans la classe politique, plusieurs membres du gouvernement ayant notamment fait part de leur indignation lundi. En cours de journée, il avait alors tenté de nuancer ses déclarations, affirmant avoir "voulu rappeler les leçons de l'Histoire". "Nos débats contemporains ne sont évidemment pas les mêmes mais quand on parle d'éthique, il faut être très vigilant sur les chemins que nous ouvrons", a-t-il écrit sur Twitter.

Charlie Vandekerkhove