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Comment Laurent Wauquiez tente de minimiser ses propos sur la PMA et le nazisme

Laurent Wauquiez au journal de 20 heures de TF1, en décembre 2017.

Laurent Wauquiez au journal de 20 heures de TF1, en décembre 2017. - Lionel BONAVENTURE / AFP

Les propos du président des Républicains ont provoqué un tollé dans la majorité, à gauche, et chez les militants pro-PMA. Dimanche, il avait lié l'extension de la PMA à un risque d'eugénisme en faisant une référence au nazisme.

Le président des Républicains Laurent Wauquiez tente tant bien que mal de se dépêtrer de ses propos controversés tenus dimanche à propos de l'extension de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes, couples homosexuels et femmes célibataires. 

Laurent Wauquiez avait créé l'émoi dimanche face aux militants conservateurs (LR) de Sens Commun en comparant l'extension de la PMA à toutes les femmes à l'"eugénisme" du régime nazi. Il avait déclaré que cela "mènerait nécessairement" à la gestation pour autrui et à "la marchandisation des gamètes".

Face aux nombreuses réactions, il est revenu sur ses propos dans un tweet, appelant à la "vigilance" et expliquant avoir voulu "rappeler les leçons de l'Histoire". "Nos débats contemporains ne sont évidemment pas les mêmes mais quand on parle d'éthique, il faut être très vigilant sur les chemins que nous ouvrons" avait-il ajouté.

Les "outrances les plus abjectes"

La ministre de la Santé Agnès Buzyn puis le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux ont notamment condamné des déclarations "irresponsables". "Chercher à séduire aveuglément Sens commun conduit aux outrances les plus abjectes", avait fustigé dimanche soir sur Twitter le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

Les propos de Laurent Wauquiez ont par ailleurs été qualifiés d'"irresponsables et stupides" par le PS, alors que Gaylib, l'association LGBT de centre droit rattachée au Mouvement radical, a fustigé des "insultes envers nos familles".

La PMA n'est aujourd'hui autorisée qu'aux couples de sexes différents infertiles. Conformément aux engagements de campagne d'Emmanuel Macron, la majorité prévoit de présenter un projet de loi d'ici le printemps 2019 afin de l'ouvrir aux couples de même sexe et aux femmes célibataires. La semaine dernière, les associations LGBT ont cependant critiqué le report de l'examen du projet d'environ cinq mois pour des raisons de "calendrier parlementaire".

Le chef des Républicains ainsi que plusieurs figures de droite s'étaient déjà positionné contre le projet gouvernemental dans une tribune parue début novembre.

Jeanne Bulant