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Macron tient-il ses promesses en matière d'écologie?

Emmanuel Macron à Station F, le 11 décembre 2017.

Emmanuel Macron à Station F, le 11 décembre 2017. - AFP

L'exécutif a tenu son premier Conseil de défense écologique ce jeudi; un moyen d'affirmer sa présence sur le dossier "environnement" à trois jours du scrutin européen. Mais que promettait le candidat Macron?

"Le combat n'est pas perdu." Ce jeudi matin, à l'issue du premier Conseil de défense écologique voulu par Emmanuel Macron, Edouard Philippe et François de Rugy ont tenu à réitérer l'engagement du gouvernement pour la défense de l'environnement et se sont félicités des mesures déjà mises en oeuvre.

Mais, par rapport au programme sur lequel le candidat En marche a été élu, quels points ont été mis en oeuvre? Tour d'horizon de quelques mesures phares, après deux ans de mandat.

La sortie des énergies fossiles

- Fermeture des centrales à charbon d'ici 2022:

Pour l'instant, les quatre centrales à charbon dont dépend la France sont encore en activité. Dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l'énergie, elles devraient toutefois fermer après 2020, "hors conditions exceptionnelles". Le Réseau de transport d'électricité (RTE) a confirmé cette possibilité, à condition de "ne fermer aucun autre mode de production". RTE compte aussi sur le démarrage de l'EPR de Flamanville, soulignait Le Monde en mars, qui risque de nouveaux retards.

- Fermeture de Fessenheim et mise en route de Flamanville:

Officiellement prévue pour fin 2019, la mise en route de l'EPR de Flamanville pourrait encore être reportée à cause de nouveaux travaux. Il pourrait selon les experts démarrer en 2020, 2021 ou dans le pire des cas, 2024. D'abord corrélée au lancement de Flamanville, la fermeture de la vieille centrale de Fessenheim, en Alsace, est désormais dissociée et prévue pour l'été 2020.

  • - Interdiction de l'exploration des hydrocarbures:

L'interdiction de la recherche et l'exploitation des hydrocarbures a été entérinée par un projet de loi adopté le 19 décembre 2017 par le Parlement. Ce texte de loi, porté par l'ancien ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, prévoit "l’interdiction de l’attribution de nouveaux permis de recherche d’énergies fossiles".

- Augmentation de la taxe carbone avec pour objectif 100€/tCO2 en 2030:

La crise des gilets jaunes a mis un coup d'arrêt net à l'augmentation prévue de la taxe carbone. D'abord suspendue par un moratoire, puis annulée pour 2019, la hausse de cette taxe n'est pas encore revenue sur le devant de la scène.

Une meilleure protection de la santé et de l'environnement

- Un "Grenelle de l'alimentation" avec tous les acteurs de la filière alimentaire:

Peu après son élection, Emmanuel Macron a lancé, en lieu et place d'un "Grenelle de l'alimentation", des Etats généraux de l'alimentation de juillet à décembre 2017. Cela a contribué à la loi Agriculture et Alimentation adoptée en octobre 2018. Plusieurs dizaines d'associations citoyennes avaient néanmoins dénoncé des débats verrouillés de l'Intérieur pendant ces Etats généraux.

- Au moins 50% de produits biologiques, labels de qualité ou locaux dans la restauration collective d'ici 2022:

C'est désormais inscrit au Journal officiel. Le 25 avril dernier, le ministre de l'Agriculture s'est félicité de la publication du décret d'application obligeant les établissements de restauration collective à intégrer au moins 50% "de produits de qualité et durables", dont 20% de produits bio, comme le voulait la loi Agriculture et alimentation.

- Interdiction au plus vite des perturbateurs endocriniens "repérés comme ayant des impacts sanitaires avérés ou probables", s'il y a des alternatives moins "reconnues comme moins toxiques":

Le gouvernement n'a requis l'interdiction d'aucun perturbateur endocrinien depuis son arrivée au pouvoir. Emmanuel Macron avait promis d'interdire le glyphosate sous trois ans. En janvier, le Président a reconnu que l'horizon 2021 n'était pas tenable.

- Un site national d'information sur ces perturbateurs:

Une liste est prévue "d'ici 2021".

L'accompagnement des transitions

- Accélération du déploiement des véhicules électriques avec des mesures d'aide à l'achat et plus de bornes de recharge:

Plusieurs bonus ont été transformés ou mis en place afin d'aider les ménages les plus modestes à passer d'un vieux véhicule polluant à des modes de transport plus propres.

Un amendement du groupe LaREM du projet de loi mobilités, examiné à partir du 3 juin, prévoit de nouvelles obligations pour les sociétés d'autoroutes, dont plus de places de parking de covoiturages, de bus express, et plus de stations de ravitaillement en carburants alternatifs.

La lutte contre le gaspillage énergétique

- Transformation du CITE en prime, audit gratuit pour les propriétaires précaires "en précarité énergétique" et fonds de 4 milliards pour financer les travaux des plus modestes:

Le CITE (crédit d'impôts pour la transition énergétique) n'a pas été transformé en prime mais plusieurs mesures existent actuellement pour aider les ménages précaires à mieux isoler leur logement et faire des économies d'énergie. Un "coup de pouce" dépendant des ressources a été recentré sur certains travaux et le chèque énergie a été généralisé aux foyers modestes.

La mise en oeuvre de l'accord de Paris

- Des sanctions commerciales en Europe contre les pays ne respectant pas les clauses environnementales des accords commerciaux conclus avec l’UE:

La réalisation de cet objectif n'était pas celle attendue par Emmanuel Macron. Le 17 mai 2018, la Commission européenne a renvoyé la France devant la Cour de justice de l'Union européenne pour un non-respect des normes dans la qualité de l'air. En 2016, Paris présentait des concentrations annuelles deux fois supérieures à la valeur limite européenne.

- Des Etats-Unis "mis face à leurs responsabilités" par la France:

Peine perdue, Donald Trump a retiré en juin 2017 les Etats-Unis de l'accord de Paris adopté pendant la Cop21. La France n'a rien pu faire.

Liv Audigane