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Macron s'affiche à Paris avec une Merkel sans pouvoir

Angela Merkel et Emmanuel Macron à l'Elysée, le 19 janvier 2018.

Angela Merkel et Emmanuel Macron à l'Elysée, le 19 janvier 2018. - Christophe Petit Tesson- AFP

La chancelière a rendu une visite très symbolique à Emmanuel Macron. Mais l'instabilité politique allemande les empêchent pour l'instant de prendre des décisions concrètes communes.

A trois jours des 55 ans du traité franco-allemand de l'Elysée, les dirigeants français et allemand sont embarrassés: comment promouvoir le couple franco-allemand, alors qu'Angela Merkel est incapable de former un gouvernement et se trouve donc très fragilisée? L'avenir de l'Europe a tout de même figuré au menu des discussions des deux dirigeants. Mais sans la possibilité de pouvoir approfondir la question.

En visite à Paris, la chancelière a rappelé lors d'une conférence commune que "pour agir en Europe, il est capital d'avoir un gouvernement stable en Allemagne". Angela Merkel espère que le statut quo qui dure depuis bientôt quatre mois prendra fin dimanche: les 600 délégués du SPD se réunissent en congrès extraordinaire pour décider si, oui ou non, ils participeront à une grande coalition avec elle. 

"Ma ferveur européenne et ma conception d'une Europe forte ne dépendent pas de la décision d'autres partis politiques, après ces discussions exploratoires extrêmement approfondies, je forme le voeu que le congrès du SPD donnera le feu vert à l'ouverture de négociations de coalition. Je vois un large terrain d'entente, notamment en ce qui est de l'engagement européen et je suis convaincue que cela exige un gouvernement stable", a déclaré Angela Merkel.

Macron comptait sur une Merkel puissante

Au côté d'Angela Merkel, Emmanuel Macron est lui aussi dans l'embarras. Lors de son discours de la Sorbonne en septembre dernier, le président français avait déroulé un plan ambitieux de réformes européennes. Mais pour cela, il comptait sur une Angela Merkel puissante, ainsi que sur une grande coalition avec les sociaux-démocrates. Or l'Allemagne n'en est toujours pas là. Il s'est donc contenté de lui apporter son soutien en vue du vote du SPD dimanche.

"Ce que je peux simplement dire c'est que l'ambition que nous portons ne peut advenir seule et qu'elle a besoin de se conjuguer avec l'ambition allemande", a donc rappelé le chef de l'Etat. "La chancelière a une ambition européenne, les dirigeants du SPD ont manifesté une ambition européenne, et le texte commun en porte une".

Une prise de parole avant tout symbolique. Pour concrétiser leurs grands projets européens, les deux dirigeants devront encore patienter.

Ariane Kujawski