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Macron estime qu'il ne lui "appartient pas de suspendre" l'arrêt des traitements de Vincent Lambert

Le chef de l'État considère qu'"il ne lui appartient pas de suspendre" l'arrêt des traitements de Vincent Lambert, qui ont commencé ce lundi matin malgré l'opposition de ses parents.

Emmanuel Macron ne souhaite pas trancher dans l'affaire Vincent Lambert. Le chef de l'État a estimé, ce lundi, qu'il ne lui "(appartenait) pas de suspendre" l'arrêt des traitements de Vincent Lambert.

L'interruption des traitements qui maintenaient en vie Vincent Lambert a débuté ce lundi matin, malgré l'opposition de ses parents, qui espéraient encore que de nouveaux recours judiciaires stoppent "cette folie". Mais la cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a rejeté un énième recours de ses parents, ce lundi après-midi, "faute de nouveaux éléments". 

"Une décision en conformité avec nos lois"

Dans une publication Facebook, Emmanuel Macron a confié être "profondément touché par la situation de Vincent Lambert". Malgré cela, "comme Président de la République, il ne m’appartient pas de suspendre une décision qui relève de l'appréciation de ses médecins et qui est en conformité avec nos lois", écrit le président.

"La décision d'arrêter les soins a été prise au terme d'un dialogue permanent entre ses médecins et sa femme, qui est sa tutrice légale", rappelle Emmanuel Macron dans son message. "Elle l’a été, en application de notre législation qui permet de suspendre les soins en cas d'obstination déraisonnable - ce qui, selon les différentes équipes médicales, est le cas de Vincent Lambert."

Le chef de l'État balaie ensuite l'idée, ou l'"angoisse" de certains, qui redoutent qu'"en France, on puisse décider de manière arbitraire de la mort d'un citoyen". "C'est précisément parce que ce n’est pas le cas, parce qu'il n'y a pas, dans notre pays, de place pour l’arbitraire, que je n'ai pas à m’immiscer dans la décision de soin et de droit qui a été prise dans le cas de Vincent Lambert", argumente-t-il.

Conformément à la loi Claeys-Leonetti de 2016, les médecins vont arrêter la nutrition et l'hydratation artificielles qui sont prodiguées à Vincent Lambert, tout en mettant en oeuvre une "sédation profonde et continue" jusqu'à sa mort. Au final, la mort de Vincent Lambert sera due à la défaillance des organes, qui cesseront de fonctionner après l'arrêt des traitements.

Jeanne Bulant avec AFP