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Les "fusillés pour l'exemple", une solution intermédiaire clôt le débat

L'Hôtel des Invalides à Paris abrite le musée de la Guerre

L'Hôtel des Invalides à Paris abrite le musée de la Guerre - -

Souvent déserteurs, ces soldats ont été fusillés à la hâte pour "servir d'exemples" et restent peu connus. François Hollande a choisi de leur réserver une place au musée des Invalides. Sans toutefois les réhabiliter.

"Fusillés pour l'exemple" en 1915, ils sont longtemps restés dans l'ombre de l'Histoire de France. François Hollande a demandé jeudi qu'une place soit réservée aux fusillés de la Grande Guerre au musée de l'Armée aux Invalides, un lieu qui "porte le récit de la guerre". S'il s'agit d'un geste hautement symbolique, ce n'est pas non plus une franche réhabilitation pour les quelque 650 soldats concernés.

Ces soldats ont notamment été fusillés pour avoir désertés le front. Certains furent vaincus "non pas par l'ennemi, mais par l'angoisse, par l'épuisement nés de conditions extrêmes qui leur étaient imposées", a défendu jeudi le chef de l'Etat.

Morts pour l'exemple

La question des fusillés s'est en effet posée dès le lendemain de l'armistice de 1918. Des députés s'étaient alors inquiétés du fonctionnement sommaire de la justice militaire. Le gros des "fusillés pour l'exemple" l'a été dans une atmosphère de semi-panique dès les premiers mois de la guerre, alors que les Allemands approchaient de Paris, et jusqu'en 1915.

Les exécutions "devaient servir d'exemple, ce qui ne veut pas dire que les soldats exécutés étaient innocents, mais signifie que leur jugement visait aussi à éviter d'autres désobéissances d'autant que l'exécution se faisait devant la troupe", expliquaient des histoiriens dans un rapport remis au gouvernement début octobre.

Les prises de position de Jospin et Sarkozy

Et ce débat sur les fusillés n'est nouveau. La décision du chef de l'Etat s'inscrit dans la continuité des déclarations polémiques de Lionel Jospin, Premier ministre, en 1998, puis de Nicolas Sarkozy, en 2008 à Verdun, qui avaient souhaité chacun à sa manière une réintégration des fusillés dans la mémoire nationale.

Le groupe d'historiens à avoir travaillé sur le sujet a énuméré les réponses possibles pour régler la question: "Ne rien faire", "une réhabilitation générale", "la réhabilitation au cas par cas" ou "une déclaration solennelle".

Une déclaration pour "affirmer de façon très forte que beaucoup de fusillés, mais non pas tous, l'ont été dans des conditions précipitées, parfois arbitraires". C'est cette dernière solution qu'a privilégiée le chef de l'Etat. Et en annonçant sa décision dès sa première intervention dans le cadre du centenaire, François Hollande écarte, sauf surprise, un dossier qui risquait de peser sur l'ensemble des commémorations.

S.A. avec AFP