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Exemplarité et durcissement des sanctions, le donnant-donnant de Macron aux policiers

Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron. - AFP

Lors de son premier discours sur la sécurité, le président de la République a annoncé mercredi vouloir durcir les sanctions contre ceux qui s'en prennent aux forces de l'ordre. Parallèlement, Emmanuel Macron rappelle policiers et gendarmes à leur devoir d'exemplarité.

Ahmed Merabet, Franck Brinsolaro, Clarissa Jean-Philippe, Jessica Schneider, Jean-Baptiste Salvaing, Xavier Jugelé... D'un ton solennel, Emmanuel Macron a égrené les noms des policiers morts ces derniers mois du terrorisme. Lors de son premier discours sur la sécurité, livré ce mercredi devant les forces de l'ordre, le président de la République s'est positionné comme le défenseur des policiers et gendarmes en luttant, à la fois, contre cette menace terroriste mais aussi contre les violences du quotidien.

"Cette violence a revêtu ces derniers mois le visage du crime et de la barbarie", a rappelé le chef de l'Etat, dénonçant des actes "lâches" et "intolérables". Afin de lutter contre ces attaques, Emmanuel Macron a rappelé qu'une reconnaissance, par la loi, d'un droit à l'anonymat des policiers avait été accordé. "Je souhaite que nous puissions aller plus loin" que ce droit "pour durcir nos outils de réponses" face à ces violences. Sans préciser pour autant les moyens qu'il souhaiterait voir développer mais qui passent, selon lui, par une fermeté de l'institution judiciaire.

Exemplarité

Depuis le début de l'année, dix policiers et gendarmes ont perdu la vie dans l'exercice de leurs fonctions, tandis que plusieurs autres ont été blessés. Emmanuel Macron est revenu sur cette multiplication, ces dernières semaines, d'exemples de policiers blessés lors de contrôles routiers. Violences portées à cause de la fonction de policier ou gendarme, mais aussi désormais, des menaces lancées par les gardés à vue ou les prévenus, au cours de leurs procès, à l'encontre des familles et proches des forces de l'ordre.

Ces actes "inqualifiables (...) appellent donc de l’ensemble de la République une réponse ferme et exemplaire", a lancé le Président, rappelant qu'une circulaire du ministère de la Justice avait été adressée aux procureurs.

En parallèle, le chef de l'Etat a réclamé une exemplarité de la part des policiers et gendarmes, leur demandant de faire preuve de déontologie, et ce alors qu'il a lancé sa nouvelle police de sécurité quotidienne. "Il faut également, et c’est notre défi, lutter contre les comportements et les agissements d'une minorité qui pourraient ternir votre image", a martelé Emmanuel Macron.

Ces derniers mois, des plaintes ont été déposées contre des violences policières, et notamment pendant les manifestations contre la loi Travail. Si le Président se dit favorable à l'extension du dispositif de caméra piéton sur les policiers, il ne se prononce pas en faveur des récépissés lors des contrôles d'identité. Il a ainsi réclamé des sanctions envers les policiers car "s’il n’y a pas de sanction c’est l’affaiblissement collectif".

"C'est un discours qui enfonce pas mal de portes ouvertes, avec talent et conviction, et peut-être ce n'est pas inutile de rappeler que les policiers sont là pour défendre les lois, être forts et justes et respecter la déontologie", a jugé sur notre antenne Frédéric Péchenard, ancien directeur de la police nationale. "C'est bien mais ce n'est pas forcément utile."

J.C.