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EN DIRECT - Macron giflé: le principal suspect jugé en comparution immédiate jeudi après-midi

EN DIRECT - Macron giflé: le principal suspect jugé en comparution immédiate jeudi après-midi

Le président Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron lors d'une visite à Valence (Drôme) le 8 juin 2021.

Emmanuel Macron a voulu "relativiser" ce mardi la gifle reçue lors d'un déplacement à Tain-l'Hermitage, dénonçant des "faits isolés", commis par "des individus ultraviolents".

Le principal suspect jugé en comparution immédiate jeudi après-midi

Le principal suspect, accusé d'avoir giflé le président de la République mardi, sera présenté demain matin à un procureur et sera jugé en comparution immédiate l'après-midi, selon des informations du parquet à BFMTV.

Il est placé en garde à vue depuis mardi 8 juin à 13h45, avec une autre personne, pour des chefs de violences sans incapacité sur personne dépositaire de l'autorité publique. Les gardes à vue ont été prolongées ce jour afin de poursuivre les vérifications.

Garde à vue prolongée pour les deux interpellés

La garde à vue des deux suspects est prolongée ce mercredi après-midi, a appris BFMTV de source proche du dossier.

Face aux enquêteurs, les deux hommes ne font pas usage de leur droit au silence. Durant son interrogatoire, le principal suspect a en outre expliqué son geste, assurant qu'il était spontané, et non pas prémédité.

Les armes découvertes au domicile du 2e suspect sont des armes de poing et d'épaule

Selon une source proche de l'enquête à BFMTV, les armes découvertes lors des perquisitions au domicile du second suspect sont des armes de poing et d'épaule.

D'après un officier de sécurité, "c'est toujours le politique qui décide de faire ce qu'il veut au moment où il le veut"

Selon une information de BFMTV Emmanuel Macron avait été mis au courant de la dangerosité du bain de foule mardi dans la Drôme, mais a décidé de quand même s'y rendre.

"La doctrine française n'est pas la même qu'à l'étranger, qu'aux États-Unis ou en Israël. Pour nous c'est toujours le politique qui décide à la fin", déclare sur BFMTV Pierre-François Degand, officier de sécurité du SDLP (Service de la protection), "on peut donner des conseils, on peut aménager les choses, mais c'est toujours le politique qui décide de faire ce qu'il veut au moment où il le veut".

"En cas de danger avéré et imminent, si on lui tire dessus, bien sûr qu'on va attraper le président pour le mettre à l'abri, mais sur des cas comme cela c'est le président qui décide", précise-t-il.

Gabriel Attal assure qu'il n'y "avait pas eu d'alerte particulière sur ce bain de foule"

BFMTV a interrogé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal ce mercredi, lors d'un point presse, sur le fait qu'Emmanuel Macron avait, selon nos informations, été prévenu de la dangerosité d'un bain de foule à Tain-l'Hermitage (Drôme) mardi.

Le porte-parole a démenti notre information, déclarant qu'il n'y "avait pas eu d'alerte particulière sur ce moment, ce bain de foule", et assurant qu'il y avait "une vigilance permanente du groupement de sécurité de la présidence de la République". Il a ensuite expliqué que le président de la République, comme les membres du gouvernement, allaient continuer à aller "au contact, sans filtre, avec les Français".

Malgré cette déclaration, BFMTV confirme ses informations.

Un membre du service de sécurité avait prévenu Emmanuel Macron de la dangerosité du bain de foule

Un membre du service de sécurité avait prévenu Emmanuel Macron de la dangerosité du bain de foule quelques instants avant la gifle, a appris BFMTV. 

Selon nos informations, le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) considérait que la zone où l'agression a eu lieu n'était pas suffisamment sécurisée pour un bain de foule, bien que cette zone n'était pas en soi considérée comme dangereuse. 

Un membre du service de sécurité venait de déconseiller à Emmanuel Macron d'aller vers ces barrières, compte tenu du fait que les équipes n'avaient pas le temps de se mettre en place convenablement pour ce bain de foule.  

Ce type de mise en garde se produit fréquemment mais la décision revient au président de la République, qui peut choisir d'aller où il le souhaite.

Des armes dont on ne connait pas la nature retrouvées chez le second suspect

Des armes ont ete retrouvées chez le second suspect, soupçonné d'avoir filmé le moment où Emmanuel Macron a été giflé, indiquent des sources concordantes à BFMTV. On ne connait pas la nature précise de ces armes.

Par ailleurs un exemplaire de Mein Kampf a egalement ete retrouvé chez ce suspect.

Christophe Castaner estime que "le risque zéro n'existe pas"

Le président du groupe LaREM à l'Assemblée nationale est lui aussi revenu ce matin sur France Inter sur l'incident survenu mardi après-midi à Tain-l'Hermitage. Une agression qui interroge sur le dispositif de sécurité déployé pour les déplacements d'Emmanuel Macron.

"Le niveau de protection des présidents et des responsables politiques dans notre pays est élevé. Il est à très bon niveau et les hommes et les femmes qui sont autour du président de la République sont des hommes de très grande qualité", a assuré Christophe Castaner.

"Le risque zéro n'existe pas, les présidents de la République le savent et ils l'assument", a néanmoins ajouté l'ancien ministre de l'Intérieur.

Fan des arts martiaux historiques, "curieux" face à des comptes d'extrême droite... Qui est Damien Tarel?

Toujours placé en garde à vue pour "violence volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique", Damien Tarel encourt jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende. Présenté comme quelqu'un de "sans histoires", il suit néanmoins plusieurs personnalités d'extrême droite sur les réseaux sociaux.

Jean Castex dénonce "des comportements isolés tout à fait condamnables"

En déplacement ce mercredi matin au marché de Rungis, le Premier ministre est revenu sur l'agression dont a été victime le chef de l'État mardi après-midi.

"Il y a des comportements isolés tout à fait condamnables", a déclaré Jean Castex, "on voit bien qu'il y a une forme de violence. Sans doute aussi que les épisodes de la crise sanitaire expliquent un certain nombre de réalités mais la violence, la haine, l'exclusion dans une société démocratique ne sauront jamais être une solution".

Le chef du gouvernement a également assuré que l'exécutif "continuera à aller à la rencontre des Français".

Bruno Le Maire dénonce "un affront à la Nation française"

"C'est un affront à la Nation française", commente Bruno Le Maire sur BFMTV-RMC, au lendemain de l'agression du président de la République. "C'est un geste grave contre une personne, c'est un geste grave contre la fonction de président de la République et c'est un geste grave contre la Nation dans son ensemble"

"Ça traduit une lente détérioration du débat public", poursuit le ministre de l'Economie. "Il faut en tirer la leçon pour nous tous et en particulier pour les responsables politiques de peser chaque mot."

Gabriel Attal salue la "condamnation unanime" de la classe politique

Le porte-parole du gouvernement a salué sur Europe 1 la réaction des responsables politiques après la gifle reçue par Emmanuel Macron lors d'un déplacement à Tain-l'Hermitage.

"Il ne faut pas banaliser. C'est grave, toute forme de violence est grave", a déclaré Gabriel Attal, "c'était important qu'il y ait cette condamnation unanime par les forces politiques".

Le porte-parole du gouvernement a par ailleurs estimé que cet incident, un "fait isolé", n'était pas "représentatif de la société française".

Pour la presse, gifler Macron, c'est comme "gifler la France"

L'"intolérable" gifle infligée au président Emmanuel Macron lors de son déplacement à Tain-l'Hermitage (Drôme) mardi atteste d'une "violence sous-jacente", d'une "spirale délétère", et revient au fond à "gifler la France", accusent les éditorialistes ce mercredi.

"Offense insupportable, intolérable, bien moins anecdotique qu'il n'y paraît, car illustration d'une violence sous-jacente qui mine la vie quotidienne, pollue nombre de débats, et parfois même les discours de certains représentants de partis", s'indigne par exemple Christophe Hérigault dans La Nouvelle République du Centre-Ouest.

"N'est-elle pas que le prolongement de tout ce qui abîme la République depuis des mois sans rencontrer de grandes résistances?", s'interroge Florence Chédotal dans les journaux du groupe Centre France, dénonçant une "spirale délétère".

"Gifler le président, c'est gifler la France. C'est nous gifler tous", s'indigne Patrick Jankielewicz dans La Voix du Nord qui y voit "une étape de plus dans la lente désagrégation de la maison France".

Quel est le profil de l'agresseur?

L'homme qui a giflé le président Emmanuel Macron, ce mardi dans la Drôme, est un fan d'histoire médiévale qui suit l'extrême droite royaliste sur les réseaux sociaux, mais que l'on décrit comme apolitique et non violent dans sa commune.

Damien Tarel, 28 ans, interpellé à Tain-L'Hermitage, habite Saint-Vallier (Drôme) au nord de Valence. Il y a fondé deux associations dans les arts martiaux historiques européens - une pratique de combats "tombés dans l'oubli" qui compte 1500 pratiquants en France - et les jeux de plateau à figurines.

"Ca m'a laissé abassourdi parce que pour moi il n'était pas capable de faire ça", raconte à BFMTV l'un de ses amis, Loïc. "On est pas engagés politique(ment), on est plutôt apolitiques, on est déçus de tous les partis." Sur les réseaux sociaux, il suit cependant des groupes et des comptes liés à l'extrême droite royaliste.

Interrogé par l'AFP sur ces fréquentations en ligne, Loïc répond qu'il n'est "pas surpris" car son ami "est de nature curieuse". Mais "il n'a pas ces idées-là". "Il est contre les royalistes. Pour lui, ils ont des idées à la con", assure-t-il.

L'ensemble de la classe politique condamne le geste

Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau direct consacré aux réactions et à l'enquête, au lendemain de l'agression d'Emmanuel Macron, giflé par un homme poussant le cri de guerre royaliste "Montjoie Saint Denis!" lors d'un déplacement à Tain-l'Hermitage (Drôme).

Quelques minutes auparavant, le président avait appelé "tout le monde au respect et au calme" pour ne pas fragiliser la démocratie. Cette exhortation intervenait après la polémique déclenchée dimanche par des propos de Jean-Luc Mélenchon, prédisant "un grave incident ou un meurtre" dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, mais aussi après une vidéo de menace de mort visant LFI.

"Est-ce que maintenant le gouvernement va enfin déclencher la Justice contre Papacito et sa vidéo d'appel au meurtre", a réagi sur Twitter Jean-Luc Mélenchon, se disant "solidaire" du président.

À l'image des Insoumis, l'ensemble de la classe politique a immédiatement condamné le geste. "Je considère ce genre de comportement comme inadmissible", et "profondément condamnable dans une démocratie", a ainsi déclaré la dirigeante du Rassemblement national Marine Le Pen.

"Gifler le Président, c'est gifler la République. Intolérable, inacceptable", a de son côté estimé le patron des députés LR Damien Abad, quand Xavier Bertrand, président (ex-LR) des Hauts-de-France a rappelé que "le respect des institutions de la République et de ses représentants est un principe cardinal de notre vie démocratique".

L'ancien président François Hollande s'est, lui, indigné face au "coup insupportable et intolérable à nos institutions". "Face à ce geste inqualifiable, toute la Nation doit être solidaire du chef de l'Etat", a-t-il plaidé.

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