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Déchéance de nationalité: "Les Français veulent que ça se termine", assure Hollande

François Hollande.

François Hollande. - Capture TF1 et France 2

François Hollande, invité des 20 heures de TF1 et France 2, est revenu sur le vote de la réforme constitutionnelle qui a eu lieu mercredi à l'Assemblée nationale. Le chef de l'Etat espère désormais une accélération du processus législatif.

Au lendemain du vote par l'Assemblée nationale de la réforme constitutionnelle, incluant l'inscription de la déchéance de nationalité dans la Constitution, François Hollande s'est félicité de ce choix des députés. Il espère désormais que les choses aillent vite, après des semaines de polémique au sein même de son propre camp. 

"Je ne souhaite pas que la navette dure trop longtemps. A un moment, les Français veulent que ça se termine, explique le président de la République sur TF1 et France 2. Je ne veux pas que la France soit suspendue à la réforme de la Constitution."

Ce désir "d'avancer et d'agir", François Hollande l'a répété à plusieurs reprises, notamment sur cette question de la réforme constitutionnelle. "Je ne veux pas que la France soit suspendue à la réforme de la Constitution", a martelé le chef de l'Etat. Même s'il juge les débats "légitimes", il y a "d'autres textes, d'autres réformes" à voter, explique-t-il.

"Il faut prendre des décisions"

François Hollande dit comprendre les interrogations sur la question de la déchéance de nationalité mais estime que cette mesure est nécessaire. "Je l’ai vécu, j’étais là ce soir-là (le vendredi 13 novembre, NDLR), rappelle le président. J’ai réuni toutes les familles politiques. Toutes m’ont dit ‘il faut prendre des décisions’." Et de justifier ce dispositif.

"Un débat est né, parce qu'à un moment il y a eu cette question que pour être déchu il fallait avoir deux nationalités. Et donc peut-être que certains se sont émus. Alors que ça ne concerne que des terroristes, ceux qui tuent des Français parce qu'ils sont Français et (alors) qu'ils portent là un acte de rupture par eux-mêmes", a-t-il de nouveau expliqué.

Le Sénat pas favorable au texte adopté

Mercredi, la réforme constitutionnelle, qui contient l'inscription de la déchéance de nationalité dans la Constitution, a été adoptée par 317 voix et 199 contre. Un résultat bien meilleur que celui attendu avant le scrutin. Reste désormais au texte à passer devant le Sénat avant de revenir à l'Assemblée nationale. A la question "irez-vous jusqu'au bout?", François Hollande répond: "Si les parlementaires suivent".

Les débats pourraient s'annoncer encore longs. Le chef de file des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau, a prévenu jeudi matin sur BFMTV: les sénateurs sont prêts à voter uniquement la version de la loi présentée le 23 décembre dernier en Conseil des ministres. Or depuis, elle a été réécrite sans référence à la binationalité – donc en ouvrant la possibilité de rendre des individus apatrides.

J.C.