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Comment Macron veut marquer sa différence sur les commémorations

Emmanuel Macron a commémoré pour la première fois ce samedi l'armistice de la Première Guerre mondiale en tant que chef de l'Etat. L'occasion pour le président d'imposer son style en se différenciant de ses prédécesseurs.

Premier 11-Novembre pour Emmanuel Macron. Et programme chargé pour le président: en cette année de commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale, une série de cérémonies sont prévues à travers l'Hexagone. Débutées hier à Hartmannswillerkopf en Alsace, celles-ci prendront fin l'an prochain sur les Champs-Elysées, lors du défilé du 11 novembre 2018, pour lequel Emmanuel Macron souhaite réunir les 80 pays engagés dans la Grande Guerre.

François Hollande, le contre-exemple

Pendant cette période, le chef de l'Etat entend imposer son style, et marquer une rupture avec son prédécesseur, François Hollande, considéré par son entourage comme l'exemple à ne pas suivre en matière de commémorations. Pour se différencier, Emmanuel Macron envisage dans un premier temps de limiter son nombre de participation aux cérémonies.

En 2014, François Hollande avait pris pour habitude de prendre part à des cérémonies tous les mois. Un rythme jugé trop élevé du côté de l'Elysée, qui assure qu'Emmanuel Macron prévoit de faire "moins mais mieux". Un programme ambitieux pour le président, qui souhaite cibler des symboles, et se servir d'éléments historiques pour justifier ses actions actuelles.

La recherche du symbole et de la résonance 

Emmanuel Macron a sélectionné ce samedi un symbole fort, en rendant hommage à Georges Clemenceau. Le chef de l'Etat a visité l'ancien appartement de cette figure historique autoritaire, devenu aujourd'hui musée, avant de remonter les Champs-Elysées. Un choix qui n'a rien d'anodin, comme l'explique Sylvain Fort, qui rédige les discours d'Emmanuel Macron, au Parisien

Georges Clemenceau, "c'est l'homme politique qui fait un discours aux Français de remobilisation au moment où elle est la plus menacée. Il est la preuve que la parole et la volonté politique contribuent largement à la victoire. Le leadership est important pour gagner les guerres, il a été exemplaire chez Clemenceau. Il a représenté une vraie force politique capable de remettre un pays sur le pont", note-t-il.

Emmanuel Macron cherche ainsi à trouver une résonance entre ces événements historiques et la politique qu'il mène aujourd'hui. Dans ce même esprit, il a profité vendredi de son déplacement à Hartmannswillerkopf pour mettre l'Europe au coeur de son discours, et mettre en garde contre la montée des extrêmes, à travers ces paroles: 

“Il y a 100 ans la France a gagné la guerre mais elle a perdu la paix. Si les populismes d’aujourd’hui ne sont pas comparables à ceux des années 30, l’histoire nous enseigne qu’il ne faut rien céder dans notre vigilance”.

Cette année de commémorations du centenaire de la Grande Guerre est donc l'occasion pour Emmanuel Macron de mettre en exergue ses ambitions pour l'Europe. Il va ainsi tenter de convaincre que continuer la construction européenne est un mécanisme essentiel au maintien de la paix, qui perdure dans le continent depuis 70 ans.

Céline Penicaud avec Mathieu Coache