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Régionales: les candidats inconnus du PS, un choix stratégique?

Pierre de Saintignon, Marine Le Pen et Xavier Bertrand, têtes de liste aux régionales dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

Pierre de Saintignon, Marine Le Pen et Xavier Bertrand, têtes de liste aux régionales dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie. - Philippe Huguen - AFP

En vue des prochaines régionales, le Parti socialiste a choisi de placer des candidats quasi-inconnus face à des ténors de la droite et du FN, dans plusieurs régions. Faiblesse ou atout?

Christophe Castaner, Pierre de Saintignon, ou encore Christophe Clergeau. Excepté le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, tête de liste en Bretagne, et le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, en Ile-de-France, la plupart des noms des candidats chargés de conduire les listes du Parti socialiste aux prochaines élections régionales sonnent comme ceux de parfaits inconnus. 

En face, Les Républicains comme le Front national ont misé sur des ténors de leurs partis. Marine Le Pen, Xavier Bertrand ou encore Valérie Pécresse et Christian Estrosi affronteront ainsi les poids plumes du PS. 

"Personne n'avait envie de se brûler"

Quelle a été la motivation du parti majoritaire pour adopter cette stratégie? Pour un responsable du parti cité par Le Parisien, "personne", chez les poids lourds du PS, notamment les ministres, n'avait envie "d'aller se brûler". Un choix également lié à l'impopularité du gouvernement. Placer des têtes d'affiches, actuellement aux affaires, aurait ainsi pu desservir la majorité.

"C'est sûr que ça aurait eu de la gueule, Macron et Vallaud-Belkacem candidats! Mais vu l'impopularité du gouvernement, il valait mieux mettre des élus locaux que des ministres, qui seraient devenus des cibles. Imaginez Michel Sapin, avec sa tête d'impôt...", poursuit ce ténor du PS.

Une faiblesse devenant un atout

Mais certains socialistes affirment que plusieurs candidats faisant office de Petit Poucet pourraient créer la surprise les 6 et 13 décembre prochains, tournant à leur avantage leur manque de notoriété. C'est le cas du candidat en lice en PACA, Christophe Castaner, qui traite ses adversaires, Christophe Estrosi et Marion Maréchal-Le Pen, de "papillons médiatiques". 

Cette confidentialité des candidats PS leur permet également d'utiliser des arguments de poids, qui pourraient avoir un impact sur le choix des électeurs: leur implantation locale et la garantie qu'ils ne quitteront pas la région pour rejoindre un ministère parisien. 

A.S.