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Régionales en Paca: Muselier dénonce la "dérive totalitariste" de son rival RN Mariani

Invité de BFMTV-RMC, le président sortant de la région Sud s'en est pris à son ancien camarade de l'UMP, Thierry Mariani, à qui il reproche de ne parler "que de sécurité".

Ils se sont côtoyés pendant des années. Dans les couloirs du RPR puis de l'UMP, comme sur les bancs de l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, Renaud Muselier et Thierry Mariani s'affrontent pour la présidence de la région Sud, ou Provence-Alpes-Côte d'Azur. Invité ce mercredi matin de BFMTV-RMC, le président sortant LR du conseil régional a fustigé la "dérive totalitariste" de son ancien camarade de droite.

"Ce qui est fou c'est sa dérive intellectuelle et politique. (...) Elle s'est faite au fil de l'eau, quand même, parce qu'il était le meilleur candidat contre le Front national en triangulaire, au moment où le Front était très fort dans le Vaucluse", a-t-il d'abord reconnu au sujet de Thierry Mariani.

"Il était chez Saddam Hussein"

Renaud Muselier s'est ensuite remémoré l'époque où il était secrétaire d'État aux Affaires étrangères, dans les années 2000. "J'étais avec Jacques Chirac aux Nations unies, avec Dominique de Villepin, lui il était chez Saddam Hussein! Il y a eu un dérapage, petit à petit", a-t-il déclaré.

"Dans la commémoration du génocide des Arméniens, lui il est du côté de M. Aliyev en Azerbaïdjan contre les Arméniens! Donc il y a une dérive totalitariste de M. Mariani (...) qui, aujourd'hui, vient dans la région pour montrer que Mme Le Pen peut gagner les présidentielles (sic)", a poursuivi le président de la région Sud, désormais officiellement candidat à sa réélection.

Un RN "très haut"

Comble de l'ironie, Thierry Mariani a été la tête de liste de l'UMP en Paca face à Jean-Marie Le Pen aux élections régionales de 2010.

"C'est pas un perdreau de l'année quand même", observe ainsi Renaud Muselier.

Il se dit par ailleurs conscient que le RN, comme en 2015 lorsque Marion Maréchal a recueilli plus de 40% des suffrages au premier tour des régionales, demeure "très haut" dans son fief. Les derniers sondages donnent effectivement Thierry Mariani en tête au premier tour.

Se disant toutefois "organisé", "structuré" et "déterminé", Renaud Muselier revendique sa volonté, en tant qu'ancien "bébé Chirac", de faire "rempart" au RN. "Y a jamais eu de porosité sur ma ligne", assure-t-il. Selon lui, son adversaire "ne parle que de sécurité, qui n'est même pas dans le domaine de ses compétences". Et d'ajouter:

"Je m'occupe de l'économie, je m'occupe de l'emploi, je m'occupe du fonctionnement général, je m'occupe des fonds européens. (...) Lui, qu'est-ce qu'il fait? Il fait campagne pour Marine Le Pen, qui lui a demandé de venir sur ordre!"
Jules Pecnard Journaliste BFMTV